
Sur le papier, étudier en apprentissage coche toutes les bonnes cases. L’expérience se révèle souvent riche et passionnante. Mais elle est aussi intense. Éclairages.
Lucie est… soulagée. « L’année s’est bien déroulée, je vais la valider. Mon alternance continue jusqu’en septembre, mais sans les cours, tout sera plus simple », souffle l’étudiante, en 3e année de bachelor dans une école de commerce du Sud de la France. L’année prochaine, elle entrera en master. Mais repassera en formation initiale. « Je voulais vivre une expérience professionnelle à fond pour ma 3e année. Cela a été le cas ! Seulement, j’ai un peu mis de côté les sorties, le sport et pas mal de choses. J’aimerais profiter des deux ans de vie étudiante qui me restent. »
L’alternance a tout du modèle gagnant-gagnant-gagnant. Pour l’étudiant, c’est l’occasion de mettre un vrai pied à l’étrier, en découvrant la vie en entreprise presque comme un salarié classique. Le tout en ayant la chance de n’avoir aucun frais de scolarité à régler, et en percevant même un salaire (variable selon son âge et son niveau d’études). Pour l’école, l’apprentissage permet de nouer des liens forts avec les entreprises de son territoire, et d’offrir aux élèves un mix de théorie et de pratique parfait pour progresser. Quant aux entreprises, elles adorent pouvoir disposer d’un renfort sur une durée longue (de 1 à 3 ans) pour – qui sait – le recruter ensuite.
Ce que Lucie évoque toutefois, c’est l’intensité de ce format d’études. En alternance, adieu les vacances scolaires. Place à des semaines bien chargées, une articulation cours-travail pas évidente à gérer, des temps de transport qui peuvent s’allonger, des examens à préparer… En bref, pas le modèle le plus reposant !
Donner du sens à ses études
Cette mise en garde passée, la majorité des étudiants ne tarissent pas d’éloges sur ce modèle. « C’est simple, je n’aurais jamais poursuivi mes études aussi longtemps si je n’avais pas pu faire de l’alternance tous les ans », avoue Damien, d’abord passé par un BTS, puis une 3e année de licence professionnelle et, enfin, un master en commerce international à l’université de Strasbourg. « J’étais plutôt parti pour travailler tout de suite après mon BTS. Mais l’entreprise qui m’accueillait m’a convaincu de prolonger l’aventure en licence pro. Et ainsi de suite », retrace le jeune homme. Aujourd’hui, il s’apprête à décrocher un bac +5. Inimaginable, à l’époque… « Je n’étais pas scolaire pour un sou et n’avais qu’une envie : trouver un job », sourit Damien.
C’est aussi cela, la force de l’alternance : permettre de voir les études autrement, de manière bien plus concrète. Appliquer tout de suite sur le terrain ce qu’on apprend à l’école, et donc en comprendre plus facilement le sens. « Un autre aspect important est de partager son expérience avec les autres. Chacun travaille dans une boîte différente. Quand on se retrouve tous en cours, c’est sympa d’en parler », ajoute-t-il.
Un apprenti se voit confier des responsabilités plus importantes que lors d’un « simple » stage. « On s’en rend compte dès le recrutement. Cela prend du temps. Ce n’est pas une mission de trois mois ou un job d’été. On réalise que l’entreprise attend beaucoup de nous », se souvient Lucie, embauchée dans une enseigne de magasins de sport, et passée responsable du rayon running au cours de son apprentissage.
Si elle se montre soulagée de conclure cette aventure, elle la conseille quand même à tout le monde. « C’est une expérience à vivre. Sur un CV, cela donne une expérience hyper riche. En plus, on gagne beaucoup en maturité professionnelle et en confiance en soi », estime-t-elle. Quant à Damien, c’est encore plus clair. « Foncez, l’alternance est juste la meilleure manière du monde de faire ses études ! Il faut profiter de cette chance. » Il faudra juste être motivé et bien organisé pour que l’expérience soit parfaite.










