NEOMA change de dimension : l’école accélère sur l’international, l’IA et les humanités

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NEOMA Business School franchit un cap. L’établissement dirigé par Delphine Manceau vient de présenter une nouvelle stratégie qui marque une volonté claire : sortir du cadre traditionnel des business schools françaises pour s’imposer sur un terrain plus global, plus hybride.

Au programme : une trentaine de nouveaux partenariats internationaux, dont plusieurs avec des universités américaines de premier plan comme Columbia, Stanford, Caltech, Cornell ou UCLA. Un signal fort, dans un contexte où la compétition entre écoles ne se joue plus uniquement à l’échelle nationale.

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Mais au-delà de l’effet d’annonce, c’est surtout la direction prise qui interpelle.

Former pour un monde plus instable

Le message de NEOMA est assez limpide : le modèle classique de formation au management ne suffit plus. Les futurs diplômés devront naviguer dans un environnement à la fois plus technologique, plus incertain et plus fragmenté. L’école met donc en avant une promesse : former des profils capables de comprendre des situations complexes, de croiser les disciplines et de prendre des décisions dans des contextes moins balisés qu’auparavant.

Une orientation qui s’inscrit dans un mouvement plus large de transformation des business schools, de plus en plus poussées à intégrer data, géopolitique ou sciences humaines dans leurs cursus.

Le pari assumé des humanités

C’est sans doute l’un des axes les plus marquants de cette stratégie. NEOMA fait le choix de renforcer fortement la place des arts et des humanités dans ses programmes, en partant d’un constat simple : à mesure que l’IA progresse, certaines compétences deviennent plus différenciantes.

Créativité, esprit critique, capacité de narration… autant d’aptitudes que l’école considère comme difficilement automatisables.

Concrètement, cela se traduit par plusieurs initiatives :

  • un partenariat avec Gobelins Paris dans le domaine du cinéma d’animation
  • de nouveaux parcours avec UCLA autour des industries créatives
  • un semestre dédié aux arts et humanités à McGill
  • et le lancement du programme “The Human Edge”, en collaboration avec Édimbourg et l’IE University

Dans la même logique, NEOMA développe aussi des enseignements plus transversaux, comme ce cours autour des grands textes littéraires appliqués au leadership.

Une stratégie IA très offensive

Sur le volet technologique, l’école adopte une posture claire : ne pas subir l’IA, mais l’intégrer pleinement.

NEOMA indique avoir déjà formé plus de 12 000 personnes sur ces sujets et prévoit d’y consacrer 15 millions d’euros dans les trois prochaines années.

Des outils internes ont également été déployés, comme NEMO (assistant conversationnel pour les étudiants) ou BRIO (préparation aux entretiens). L’objectif affiché reste toutefois mesuré : utiliser l’IA comme un levier d’augmentation, sans en faire un substitut aux apprentissages fondamentaux.

Un ancrage toujours fort en finance et en tech

Malgré cette diversification, l’école ne renonce pas à ses fondamentaux. Elle continue de renforcer ses expertises historiques, notamment en finance, avec des programmes développés avec Columbia ou Cornell autour de la fintech, de la finance durable et de l’IA appliquée.

Le virage scientifique s’accélère également, avec des doubles diplômes ingénieur-manager et des collaborations plus poussées avec des institutions technologiques.

Parmi les dispositifs les plus visibles :

  • une summer school à Stanford
  • un programme avec Caltech impliquant une quinzaine d’étudiants chaque année
  • et une initiative plus originale : l’envoi d’étudiants au CES de Las Vegas pour produire une analyse des innovations du salon

Une stratégie aussi tournée vers l’image

Derrière ces annonces, il y a aussi un enjeu de positionnement. Dans un marché des grandes écoles de plus en plus concurrentiel, chaque institution cherche à affirmer sa singularité. Avec cette feuille de route, NEOMA tente de se définir comme une école à la croisée des chemins : à la fois business school, plateforme technologique et espace de réflexion plus large sur les transformations du monde.

Un positionnement appuyé par des investissements importants, comme le futur campus de Reims, attendu en 2027.

Romain GIBERT

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