Année sabbatique après le bac : bonne ou mauvaise idée ?

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Partir, souffler, explorer. Chaque année, des milliers de bacheliers choisissent de prendre une année sabbatique avant de se lancer dans les études supérieures. Une pause qui fait encore débat en France, mais qui peut changer une vie. On vous dit tout.

Prendre un an pour soi après le bac : après tout, pourquoi pas ?

Le lycée terminé, certains choisissent de faire un pas de côté plutôt que de foncer tout de suite dans les études. Un choix qui s’avère bénéfique, lorsque cette année de césure a été bien pensée.

Chez lui, c’est presque normal. « En Suisse, il est plus courant qu’en France de prendre une année sabbatique après le lycée », explique Laurent, diplômé de l’ESCP et… de nouveau étudiant à l’ESCP, où il reprend ses études dans un master dédié aux professionnels. C’est ce qu’il a fait, une fois sa maturité – petit nom suisse du bac – passée. Sans crainte, sans recevoir aucune critique de ses parents, de ses amis ou de ses profs. Et sans complexe.

« En sortant de l’école, chacun doit choisir son orientation, mais la vérité est que peu d’élèves savent vraiment ce qu’ils veulent faire, non ? », questionne Laurent. Intéressé a priori par le commerce, il a l’occasion d’effectuer un stage en Chine, dans une entreprise d’import-export. Du commerce pur et dur, donc, qui le confortera dans son idée d’intégrer un bachelor de business school l’année suivante.

La césure progresse à grands pas !

En France, il faut bien l’avouer : s’arrêter un an juste après le bac n’est pas une tradition. C’est même rare. Sur Parcoursup en 2024, environ 9 000 demandes de césure ont été recueillies, sur plus de 940 000 élèves. Mais ce chiffre ne dit pas tout : il concerne uniquement les élèves qui ont déjà choisi une formation et souhaitent en différer l’entrée. Il ne prend pas en compte ceux qui décident de faire une pause pour X raison, sans remplir leur dossier sur la plateforme.

Le principe de l’année sabbatique commence sérieusement à se répandre. Depuis la création du droit à la césure au cours des études en 2015 (possibilité de prendre 6 mois ou 1 an en conservant son statut étudiant), les choses ont bougé. Autrefois perçue comme risquée et difficile à expliquer, elle est désormais valorisée, voire encouragée par les établissements, comme elle l’est depuis longtemps ailleurs. Prendre une « gap year » est ainsi monnaie courante au Royaume-Uni, États-Unis, Danemark, Norvège… Où l’on pointe chaque fois les mêmes atouts : cette année permet de gagner en maturité personnelle, d’acquérir de l’expérience (par des stages ou un emploi) et, ainsi, d’affiner son projet, de développer ses soft skills, etc.

La France a un petit bout de chemin à faire avant d’afficher les mêmes chiffres que ses voisins. Environ 12 % de ses étudiants effectuent une pause d’au moins un an au cours de leurs études (tous moments confondus). Quand la moyenne européenne est de 34 %, selon l’enquête Eurostudent.

Géniale (si elle est bien remplie)

Si l’on se replace au moment juste après le bac, cette année de coupure peut faire peur. D’abord parce qu’on n’est pas sérieux quand on a 17 ans, dixit Rimbaud (qui pouvait aussi se tromper). Ensuite parce que la pression de l’orientation grimpe tout au long du lycée et, avec elle, l’impression que toute notre vie se joue à ce moment précis.

Mais plutôt que de parler « coupure », si on parlait projet ? « Avec du recul, j’étais quand même jeune pour partir en Chine. Mais on peut aussi faire quelque chose de très intéressant en restant chez soi », soutient Laurent. De fait, l’année sabbatique ne signifie pas grand-chose en elle-même, mais prend du relief lorsqu’elle se remplit d’expériences dignes de ce nom : un service civique, des stages, un séjour à l’étranger, une mission en association, un emploi, un projet artistique ou sportif…

Ainsi, elle deviendra non pas une « période bizarre à justifier », mais une histoire à raconter, des projets à analyser, une preuve d’autonomie, du vécu… Bref : tout ce que les formations adorent.


FAQ Année sabbatique après le bac

Qu’est-ce qu’une année sabbatique après le bac ?

 C’est le fait de prendre une pause d’un an entre le lycée et les études supérieures, pour voyager, faire des stages, un service civique ou un projet personnel, avant de se lancer dans une formation.

Est-ce que l’année sabbatique après le bac est reconnue en France ? 

Oui. Depuis 2015, le droit à la césure permet de différer son entrée en formation tout en conservant son statut étudiant, pour une durée de 6 mois à 1 an.

Est-ce que l’année sabbatique après le bac est risquée ?

Non, si elle est bien préparée. Une année remplie d’expériences concrètes (stages, séjour à l’étranger, mission associative) est même valorisée par les formations et les recruteurs.

Comment bien préparer son année sabbatique après le bac ?

 L’essentiel est d’avoir un projet : stage, service civique, emploi, séjour linguistique, projet artistique ou sportif. Une année vide est difficile à valoriser, une année bien remplie devient un vrai atout.

L’année sabbatique après le bac est-elle courante en France ? 

Encore peu : seulement 9 000 demandes de césure sur Parcoursup en 2024, contre une moyenne européenne de 34 % d’étudiants ayant fait une pause. La tendance progresse néanmoins.

L’année sabbatique après le bac est-elle acceptée par les grandes écoles ? 

Oui, de plus en plus. Les établissements valorisent l’autonomie, la maturité et les expériences acquises pendant cette année, qui peuvent renforcer un dossier de candidature.

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