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L’ESCP lance un MIT européen

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L’ESCP lance un MIT européen

Sous l’impulsion de Léon Laulusa, Dean de ESCP, et de Cédric Denis-Rémis, directeur de la future School of Technology, ESCP lance une nouvelle formation pensée pour un monde où les futurs dirigeants devront maîtriser à la fois les codes du management, des sciences et des technologies. Avec ce Bachelor inédit, l’école entend placer l’innovation au cœur de son projet pédagogique.

Pendant longtemps, les parcours d’excellence semblaient clairement balisés. D’un côté, les écoles d’ingénieurs formaient les experts capables de concevoir les technologies. De l’autre, les écoles de commerce préparaient les futurs managers chargés de piloter les entreprises. Ce partage des rôles a accompagné la mondialisation économique pendant des décennies.

Mais le monde qui s’ouvre devant les étudiants de 2027 ne ressemble déjà plus à celui de leurs aînés. Intelligence artificielle générative, robotique avancée, cybersécurité, biotechnologies, technologies énergétiques ou encore deeptech : les innovations bouleversent simultanément tous les secteurs de l’économie. Dans ce contexte, les entreprises recherchent de plus en plus des profils capables de comprendre les enjeux scientifiques tout en maîtrisant les mécanismes économiques, financiers et humains de la décision.

Le retour de la culture scientifique

Le temps où l’on pouvait diriger une entreprise technologique sans en maîtriser les ressorts techniques semble s’éloigner. Désormais, un dirigeant amené à trancher sur l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, les systèmes énergétiques ou la cybersécurité doit en comprendre les fondements, les opportunités et les limites.

Dans l’industrie, la robotisation modifie les chaînes de production. Dans la santé, l’intelligence artificielle accélère la recherche médicale. Dans l’énergie, la transition écologique impose de nouveaux arbitrages technologiques. Dans la défense, la maîtrise des systèmes numériques est devenue un enjeu de souveraineté.

Autrement dit, les futurs décideurs devront dialoguer au quotidien avec des ingénieurs, des chercheurs, des data scientists ou des experts en cybersécurité. Dans ce contexte, une solide culture scientifique n’est plus un simple atout : elle devient progressivement une compétence de leadership.

Une révolution pédagogique

Face à cette mutation, plusieurs établissements repensent leurs modèles. L’objectif n’est plus seulement de former des spécialistes, mais de créer des profils capables de naviguer entre plusieurs disciplines. Le nouveau Bachelor in Management, Science & Technology de ESCP s’inscrit dans cette logique. Entièrement enseigné en anglais, ce programme de trois ans accueillera sa première promotion en septembre 2027 et offrira une expérience européenne multi-campus, entre Paris, Turin et Londres. Les étudiants y suivront plus de 280 heures d’enseignement en sciences et technologies chaque année, complétées par des immersions scientifiques, des stages, des hackathons et des collaborations avec des acteurs industriels.

Des débouchés très concrets

Cette évolution répond à une demande croissante du marché du travail. Les entreprises peinent souvent à recruter des collaborateurs capables de faire le lien entre les équipes techniques et les équipes de direction. Or cette fonction d’interface devient essentielle. Les débouchés concernent déjà des métiers comme product manager, consultant en transformation numérique, chef de projet IA, responsable innovation, expert en stratégie technologique, business developer dans les deeptechs ou manager de programmes industriels.

À moyen terme, ces profils pourraient aussi occuper des postes de direction générale dans des entreprises fortement technologiques. Les recruteurs recherchent des candidats capables non seulement d’analyser un marché, mais aussi de comprendre les ressorts scientifiques qui conditionnent son évolution.

Pour les lycéens, cette évolution ouvre de nouvelles perspectives. Pendant longtemps, ceux qui appréciaient autant les mathématiques que l’économie ou les sciences que l’entrepreneuriat devaient choisir un camp très tôt. Les parcours hybrides permettent désormais de conserver cette double appétence. Ils s’adressent aux élèves curieux, attirés par les sciences mais aussi par l’innovation, l’entreprise et les environnements internationaux.

Car c’est peut-être là la principale leçon de cette nouvelle génération de formations : dans un monde où les technologies évoluent à grande vitesse, la véritable compétence d’avenir n’est plus seulement l’expertise. C’est la capacité à relier les savoirs, à comprendre les transformations en cours et à donner du sens à l’innovation.


Romain GIBERT

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