Voici une proposition de corrigé.

Étude critique de documents

Les États-Unis et la question environnementale

En analysant les documents, en les confrontant et en vous aidant de vos connaissances, vous expliquerez le rapport des États-Unis entre protection et exploitation.

Conseils de méthode :

  • Sujet un peu compliqué car les deux documents ne parlent pas de la même chose : pollution d’un côté, émissions de gaz carbonique de l’autre.
  • De plus décalage chronologique entre les deux documents.
  • Ne pas étudier les documents séparément. Trouver un plan qui puisse mélanger des éléments des deux documents dans chaque partie.

Présentation

  • Texte rédigé par le président des États-Unis Lyndon Johnson, successeur de Kennedy, en introduction d’un rapport sur l’environnement et sa qualité publié en 1965. Contexte : Trente Glorieuses, industrialisation. Sujet principal : la pollution.
  • Graphique représentant les émissions de dioxyde de carbone fossile par habitant aux États-Unis de $1800$ à $2023$, avec explication quant à la notion de $\rm{CO}_2$ fossile. Source en partie universitaire, scientifique.

I. La richesse des États-Unis repose-t-elle sur l’exploitation des ressources ?

  • Lien richesse / technologie mis en place par Johnson à relativiser : longtemps la croissance des É-U vient de l’immigration et de la conquête progressive du territoire (notion de pays neuf)
  • Immensité du territoire des É-U permet une gestion très prédatrice des ressources (eau, forêts, minerais, énergie…)
  • Effets catastrophiques de la surexploitation des ressources connus avant Johnson : Dust Bowl dans les années 1930
  • Catastrophes qui ont continué depuis : Three Miles Island ($1979$), Exxon Valdès ($1986$), Deepwater Horizon ($2010$)

II. Un sujet économique dont les enjeux varient en fonction des périodes historiques

  • Décollage éco des É-U lors de la révolution industrielle visible sur la courbe : 1850-1930
  • Impact des crises économiques (années 1930, crises pétrolières…) visible sur la courbe
  • Texte de Johnson dans un contexte de croissance démographique (baby-boom), de sentiment de finitude des ressources : à rapprocher du roman Soleil Vert publié en 1966 (un an plus tard) et adapté au cinéma en 1973
  • Contexte actuel différent : désindustrialisation du pays, croissance démographique moindre $\Rightarrow$ le changement climatique est devenu l’enjeu majeur, donc le doc. 2 porte sur le $\rm{CO}_2$
  • Les documents ne parlent pas de l’automobile ou des transports

III. Un sujet politique dont la gestion peut évoluer suivant qui est à la tête du pays

  • É-U pays pionnier dans la protection de la « nature » (parcs nationaux), rôle important du président Th. Roosevelt 1901-1909
  • Wilderness Act, loi de protection de la nature votée en 1964 et signée par L. Johnson ; Environmental Protection Agency créée par Nixon en 1970, un an après la fin du mandat de Johnson
  • Refus de signature du protocole de Kyōto en 1997
  • Retrait des accords de Paris en 2017 après élection de Trump, retour en 2021 après élection de Biden

Conclusion :

Opposition actuelle entre le niveau fédéral et le président d’un côté (« drill, baby, drill », « le réchauffement climatique est une escroquerie ») et certains États ou certaines municipalités qui mettent en place des actions très fortes.

Dissertation 1

Les acteurs de la construction des mémoires

Conseils de méthode :

  • Sujet difficile qui oblige à aller chercher des éléments dans chaque chapitre de ce thème.
  • Bien se focaliser sur la notion de « construction ».
  • Ce sujet oblige à construire un plan thématique.
  • On pouvait faire une grande partie sur le rôle des États et des politiques, mais on peut aussi montrer les liens compliqués entre les acteurs politiques d’une part et les autres acteurs d’autre part.

Introduction

  • Accroche :
    2013 : publication de l’ouvrage de l’historien australien Christopher Clark Les Somnambules qui bouleverse la lecture que l’on avait jusqu'ici des causes de la Première Guerre mondiale : la mémoire de cet évènement en est changée, juste à la veille de la commémoration du centenaire de son déclenchement.
  • Problématique :
    Comment les mémoires se bâtissent-elles ? Quels rôles jouent les différents acteurs dans la mise en place, la transmission et la réinterprétation des différentes mémoires ?

I. Mémoires individuelles et collectives : contradictions ou complémentarités ?

  • Mémoires des acteurs des évènements, des témoins : parfois clamées haut et fort, parfois tues sciemment, parfois oubliées
  • La structuration des mémoires des individus en mémoires collectives : organisations d’anciens combattants, de victimes, groupes de pression
  • Le rôle des États face à ces mémoires : mise en valeur, récupération politique, transformation, effacement, négation…
  • Mémoires des héritiers des acteurs ou des victimes : mémoires « à retardement », relecture différente des évènements, parfois réécriture de l’histoire, parfois cancel culture

II. Le rôle des historiens

  • Une mission, faire progresser la connaissance des évènements : mise en évidence de nouveaux faits, de nouvelles explications ou responsabilités, de nouvelles causalités
  • Complexité du travail de l’historien : accès aux sources difficile ou impossible, freins institutionnels ou politiques
  • Une objectivité difficile à faire émerger : conclusions parfois différentes selon les historiens
  • Des rapports compliqués avec la politique : interdiction de publication de certains travaux si contradictoires avec la vérité officielle, récupération politique, utilisation biaisée…

III. Le rôle des instances de justice

  • La justice « informelle » et populaire après les conflits ou les génocides, souvent violente : mémoire immédiate de « vengeance »
  • Quel rôle pour la justice institutionnelle des pays :
    • expliquer les évènements, faire ressortir les responsabilités ?
    • donner une dignité aux victimes ?
    • réconcilier les populations ?
    • oublier ou faire oublier ?
  • Rôle des tribunaux internationaux (Nuremberg, Tōkyō, TPIY, TPIR…) : désigner et punir les auteurs de crimes de masse
  • Mémoires contestataires face aux tribunaux considérés comme une « justice des vainqueurs » au Japon, en Serbie…

Conclusion :

Complexité des processus, rôles changeants et parfois contradictoires des acteurs.
Comment se construira la mémoire du 7 octobre 2023 et de ses conséquences dans la région ?

Dissertation 2

Les évolutions des formes de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours

Conseils de méthode :

  • Sujet sans difficultés majeure, qui reprend les éléments du cours.
  • Le libellé du sujet oblige à un traitement chronologique.

Introduction

  • Accroche :
    Annonce le 15 juin 2026 de la conclusion d’un accord entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à trois mois et demi de guerre. Mais à quel type de guerre exactement avons-nous assisté ?
  • Problématique :
    Quelles constantes et quelles mutations peut-on observer depuis le XVIIIe siècle dans la façon de mener un conflit armé ?

I. Des guerres monarchiques aux guerres nationales (XVIIIe – XIXe)

  • La Guerre de Sept Ans (1756-1763) : archétype de la guerre entre monarques (alliances et renversements d’alliances selon affinités personnelles) mais aussi de la guerre réelle selon Clausewitz
  • Apparition du concept d’armée nationale et de guerre nationale avec la Révolution française : généralisation progressive du service militaire
  • Guerres ayant pour but de renforcer la nation : guerre de 1870 entre la France et la Prusse qui devient l’Allemagne en 1871
  • Guerres d’indépendance pour donner naissance à des nations : États-Unis face au Royaume-Uni (1775-1783), États des Balkans face à l’Empire Ottoman (fin XIXe – début XXe).

II. Les guerres de masse (première moitié du XXe)

  • La première Guerre mondiale et la mobilisation totale des ressources de chaque pays (population, colonies, économie, bourrage de crâne)
  • La Seconde Guerre mondiale : une guerre d’anéantissement, avec une dimension technologique et idéologique
  • Les génocides liés à ces deux guerres : Arméniens, Juifs, Tsiganes

III. Depuis 1945 : des guerres « irrégulières »

  • Des guerres d’indépendance dans le contexte de la décolonisation : Indonésie (1945-49), Indochine (1945-}54), Algérie (1954-62), Angola (1961-75), Mozambique (1964-74)
  • Durant la guerre froide, des guerres civiles idéologiques : Chine (1945-49), Grèce (1945-49), Angola et Mozambique après 1975
  • Guérillas révolutionnaires à dimension idéologique : Viêt-Cong, Sentier Lumineux, FARC
  • Guerres liées à des séparatismes, souvent fondés sur la dimension ethnique et/ou religieuse : ex-Yougoslavie, Abkhazie, Tchétchénie, Darfour, Sud-Soudan…
  • Guerres contre des organisations terroristes, soit menées par un État (Israël face au Hamas ou au Hezbollah), soit par des coalitions (Al Qaïda, Daesh, AQMI, Boko Haram)

Conclusion :

Retour des guerres interétatiques : Russie – Ukraine, États-Unis – Iran
Bientôt États-Unis – Cuba ?