C’est en mai 2004 à l'Académie Bach d'Arques-la-Bataille que Benjamin Lazar crée l'adaptation de L'Autre Monde au moment où il prépare Le Bourgeois gentilhomme de Molière, qui fonctionne comme « le pendant intimiste » de ce grand spectacle  :

  • dans Le Bourgeois, plusieurs comédiens pour interpréter les différents personnages et la présence d’un orchestre  ;
  • dans la pièce de Cyrano, un seul comédien accompagné de deux musiciens.

L’adaptation de L'Autre Monde, récit à la première personne constitué de dialogues rapportés (le narrateur, Montmagny, le démon de Socrate, le jeune homme libertin, les paysans canadiens, les lunaires), pose un défi précis  : comment rendre sur scène une parole qui n'est, à l'origine, ni distribuée entre des personnages ni assortie de didascalies.

Lazar résout cette difficulté en incarnant seul, tour à tour, le narrateur et chacune des figures qu'il rencontre, en s'appuyant sur la déclamation et la gestuelle restituées du XVIIe siècle héritées d'Eugène Green. Un accessoire unique, un simple escabeau, devient tour à tour cage où le narrateur est exposé aux lunaires, puis char d'où il s'adresse à la foule  : c'est par cette polyvalence des objets, plus que par un décor construit, que se construit l'espace scénique. Le texte, coupé et monté à partir du manuscrit de Paris, est resserré pour tenir en une heure quarante sans entracte, en collaboration avec Louise Moaty pour la mise en scène et d’Adeline Caron pour la partie scénographique et costumes.

EN RÉSUMÉ