Le Chevalier de la charrette

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La remise en question du code chevaleresque

La remise en question du code chevaleresque dans le Chevalier de la charrette est une véritable révolution dans le domaine littéraire pour le XIIe siècle, car elle modifie les caractéristiques du chevalier.

La honte contre la gloire

Le chevalier se définit traditionnellement par son honneur et sa réputation. La charrette, dans l’imaginaire médiéval, est l’équivalent du pilori  : elle transporte les condamnés à mort ou les criminels vers le lieu de leur supplice. En acceptant de monter dedans, Lancelot accepte héroïquement une mort sociale immédiate, lui faisant perdre son prestige, voire devenir un objet de dérision. L’auteur suggère donc qu’il existe une forme de noblesse supérieure à l’honneur social  : l’intériorité du sentiment. Le chevalier ne se définit plus par ce que la société pense de lui, mais par la loyauté absolue qu’il voue à son engagement amoureux.

Le chevalier comme vassal de sa dame

Dans le système féodal classique, le chevalier is le vassal de son seigneur. Son devoir est de protéger le royaume et de défendre la justice. Dans le roman, Lancelot délaisse souvent les impératifs de la chevalerie pour se plier aux volontés de Guenièvre. Il accepte par exemple d’être humilié lors du tournoi de Noauz sur ordre de la reine, simplement pour prouver son obéissance.

La remise en cause de la raison

Au XIIe siècle, le code chevaleresque était associé à la maîtrise de soi, à la droiture et à la raison. Chez Lancelot, au contraire, c’est une force irrationnelle qui le conduit à la folie ou à des comportements illogiques. Pour preuve, lorsqu’il hésite « deux pas » avant de monter dans la charrette  : le héros ne lutte pas contre sa peur physique, mais contre son instinct social de chevalier. Ce moment d’hésitation marque le basculement  : le chevalier abandonne sa raison et sa dignité pour céder à la toute-puissance de la passion.

Au final, Chrétien de Troyes propose un modèle où l’amour est une éthique en soi. Ce n’est plus le combat qui fait le chevalier, mais sa capacité à souffrir et à s’humilier pour celle qu’il aime.

EN RÉSUMÉ

L’amour courtois institutionnalisé

La fin'amor (amour raffiné ou courtois) dans le Chevalier de la charrette repose sur des codes quasi religieux, des comportements et des rituels appelés à devenir la norme pour toute la littérature courtoise européenne.

La sacralisation de la relation amoureuse

L’œuvre transforme la dame en une entité quasi divine et le chevalier devient son dévot. Lancelot ne se contente pas d’aimer Guenièvre   ; il lui voue un culte. Pour preuve le passage où, en entrant dans la chambre de la reine, il s’incline devant son lit comme on s’incline devant l’autel d’une église ou une relique sacrée  : « il s’en vint au lit de la reine devant lequel il s’incline en adorateur, car il ne croit en nulle sainte relique autant qu’il croit en elle. » Ailleurs, le vocabulaire utilisé pour décrire l’amour emprunte au registre religieux. L’amour is une « foi », la dame une idole, et le chevalier doit passer par des épreuves (« le supplice du martyre parfait ») pour prouver sa dévotion.

La souffrance comme preuve de noblesse

L’amour courtois n’est pas une recherche de bonheur simple   ; c’est une épreuve exigeante qui institutionnalise la souffrance. Le désir y reste inassouvi en raison des codes sociaux et de l’adultè, cette distance créant une tension permanente. De même, pour que l’amour soit courtois et pur, il doit rester caché, le secret devant une obligation qui renforce l’intimité du couple face à une cour qui ne doit rien savoir. Cette clandestinité est au cœur du code de la fin'amor.

Le raffinement des manières

Malgré la passion qui le dévore, le chevalier doit également conserver une maîtrise de ses gestes et une noblesse de langage, chercher à devenir digne de sa dame. Chaque exploit accompli pour elle est un moyen de s’élever socialement et moralement. L’amour métamorphose le chevalier, le faisant passer du guerrier brutal à un être raffiné et sensible.

En faisant de Lancelot un aimable et aimant serviteur, Chrétien de Troyes transforme l’amour en une discipline avec ses règles, son langage, ses interdits et son éthique propre.

EN RÉSUMÉ

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Le Chevalier de la charrette

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Le Chevalier de la charrette

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Lancelot ou Le Chevalier de la Charrette de Chrétien de Troyes est-il un roman d’initiation ?

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En quoi la figure de Guenièvre, dame cruelle et inaccessible, est-elle au cœur de l'invention de l'amour courtois dans Le Chevalier de la charrette ?

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En quoi Lancelot incarne-t-il la figure du héros paradoxal dans Lancelot ou le Chevalier de la charrette ?


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