L’inventeur du roman arthurien moderne
Bien qu’il n’ait pas créé la légende du roi Arthur, celle-ci circulant principalement sous forme de contes oraux celtiques ou de chroniques historiques sommaires (notamment celle de Geoffroy de Monmouth), Chrétien de Troyes est celui qui lui a donné sa forme littéraire et aboutie. En rédigeant ses cinq grands romans que sont Érec et Énide, Cligès, Le Chevalier au lion, Le Chevalier de la charrette et Perceval ou le Conte du Graal, il a réinventé l’imaginaire médiéval en y intégrant :
- La Table ronde comme cadre structurant.
- La quête individuelle comme moteur du récit chevaleresque.
- L’introduction du Graal dans la littérature, appelé à devenir le pivot central des légendes arthuriennes pour les siècles suivants.
Le créateur d’un monde cohérent
Considéré comme le père du roman en langue vernaculaire (le français de l’époque), Chrétien de Troyes a fait basculer la littérature d’un registre épique — principalement centré sur les exploits collectifs et les guerres — vers un registre centré sur l’individu et son intériorité. Ses romans ne sont pas de simples suites de batailles. Ils suivent une structure narrative rigoureuse : un cadre spatio-temporel défini et stable (la cour d’Arthur à Camelot), l’archétype du chevalier errant, la quête du Graal comme but ultime.
Pour preuves, ses romans ont été traduits et imités dans toute l’Europe (en Allemagne, en Italie et en Angleterre).