Analyser les erreurs orthographiques selon une grille (modèle de Nina Catach)

Les erreurs calligraphiques

Ces erreurs portent sur des aspects liés à l'acte graphique lui-même et à la perception visuelle des lettres.

  • Confusions de lettres: Elles surviennent lorsque la discrimination auditive est présumée correcte, et que l'erreur provient uniquement du geste graphique. Un exemple typique est la confusion entre « m » et « n ».
  • Problèmes de segmentation: Cela concerne la manière dont les mots sont délimitation dans la chaîne parlée ou écrite. On distingue :
    • Sous-segmentation: lorsque des mots sont collés, comme dans « Lesenfants » au lieu de « les enfants ».
    • Sur-segmentation: lorsque des mots sont coupés à tort, comme « vique toire » pour « victoire ».

Les erreurs extragraphiques

Ces erreurs sont associées à une perception défectueuse de l'unité sonore et/ou de la prononciation des mots.

  • Ajout ou omission de lettres: Cela résulte d'une mauvaise représentation des sons dans le mot, comme dans « crocrodile ».
  • Confusion de sons: Des sons similaires peuvent être confondus, menant à des écritures incorrectes telles que « sosette » pour « chaussette ».

Les erreurs phonogrammiques

Ces erreurs surviennent lorsqu'il y a un mauvais choix de phonogramme (la représentation graphique d'un son).

  • Erreurs qui altèrent la prononciation: Par exemple, écrire « poison » pour « poisson » ou « gitare » pour « guitare ».
  • Erreurs qui n'altèrent pas la prononciation: Dans ce cas, le son reste le même malgré le mauvais choix de graphème, comme « méson » pour « maison ».

Les erreurs morphogrammiques

Ces erreurs concernent un mauvais choix de morphogramme. Un morphogramme est un graphème utilisé pour transcrire un morphème (la plus petite unité de sens d'un mot).

  • Morphogrammes grammaticaux: Ils sont essentiels pour l'analyse grammaticale. Il faut distinguer les différentes catégories grammaticales :
    • Les flexions qui affectent les formes verbales.
    • Les noms, les adjectifs et les déterminants, notamment en ce qui concerne leur genre et leur nombre.
  • Morphogrammes lexicaux: Ces morphogrammes permettent les dérivations et sont liés au genre, au nombre, et aux familles de mots.

Les erreurs logogrammiques

Ces erreurs se produisent lors d'un mauvais choix orthographique en situation d'homophonie (mots qui se prononcent de la même manière mais qui ont des sens et des orthographes différents).

  • Lexicaux: Exemples incluent les confusions entre « vin », « vain », « vingt ».
  • Grammaticaux: Exemples incluent les confusions entre « on » et « ont », ou entre « a » et « à ».

Les erreurs à dominante idéogrammique

Ces erreurs portent sur des éléments qui ne sont pas directement liés à la prononciation ou à la grammaire, mais plutôt à l'organisation et à la structure du texte.

  • Majuscules: Utilisation incorrecte des lettres capitales.
  • Apostrophe: Mauvais usage de l'apostrophe dans les élisions et contractions.
  • Trait d'union: Utilisation incorrecte du trait d'union dans les mots composés ou pour lier certains éléments.

Les erreurs à dominante non fonctionnelle

Ces erreurs concernent des aspects orthographiques qui ne touchent pas directement à la fonction communicative du mot ou de la phrase, mais qui relèvent de conventions étymologiques ou phonologiques.

  • Lettres étymologiques: Ce sont des lettres qui ne se prononcent pas mais qui sont présentes pour des raisons historiques ou étymologiques, comme le « p » dans « sculpteur » ou le « h » dans « rhume ».
  • Consonnes simples ou doubles: Des erreurs dans l'emploi des consonnes simples ou doubles, comme dans « souffler ».
  • Accent circonflexe (non distinctif): L'utilisation incorrecte de l'accent circonflexe lorsqu'il n'a pas de fonction distinctive sur la prononciation ou le sens.

EN RÉSUMÉ