Manipulations de l’information avant Internet

La manipulation de l'information n'est pas un phénomène né avec Internet. Ramsès II rend public dans ses temples, par diverses fresques, une victoire de son armée à Qadesh alors que nous savons aujourd’hui que cette victoire n’en était pas vraiment une. Au XVe siècle, l’invention de l’imprimerie donne une autre dimension à ces manipulations en facilitant la diffusion des fausses informations comme des vraies. La presse écrite se développe et les titres se multiplient. Son histoire regorge de fausses nouvelles, qu’il s’agisse d’erreurs involontaires – on parle alors de mésinformation – ou de déformation volontaire de l’information – ce qu’on appelle la désinformation. Pamphlets, libelles, canulars, documents falsifiés, etc. : les fausses informations prennent des formes variées et n’ont pas toutes le même but.

Les nouvelles technologies  : une amplification du processus

Le développement des nouvelles technologies et des réseaux sociaux n’est qu’une nouvelle étape de la désinformation : le nombre de vues et de partages, les parcours de recommandation forment une chambre de résonance et amplifient l’écho des nouvelles sensationnelles. Une étude américaine de 2018 a montré que les fausses informations se diffusent six fois plus vite que les vraies sur X. Désormais chacun est capable de filmer, monter et diffuser des informations, de les manipuler aussi. L’absence de filtre éditorial et de formation pose des questions d’objectivité et de déontologie. Face à cette évolution les principaux organes de presse mettent en place des cellules de vérification des faits et traquent les fausses informations au quotidien. En France, depuis 2024 la loi reconnaît un délit spécifique lié aux deepfakes non consentis. L’Union européenne demande, quant à elle, que tout contenu généré par IA soit clairement identifiable. Preuve s’il en est que nous voulons pouvoir distinguer le vrai du faux.

EN RÉSUMÉ