Genres littéraires

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La chanson de geste

🛡️ La chanson de geste (du latin gesta, « exploits ») est un récit médiéval qui raconte les actions héroïques, souvent guerrières ou fantastiques.

🎶 Apparue au XIᵉ siècle, écrite en ancien français, elle est composée en vers et repose sur des assonances. Transmise par la parole, le chant ou le mime, elle constitue l’ancêtre du roman.

📚 Les chansons de geste sont organisées en cycles, comme celui de Charlemagne ou de Guillaume d’Orange. La plus célèbre est La Chanson de Roland, appartenant au cycle de Charlemagne.

À retenir : la chanson de geste célèbre les héros et les valeurs chevaleresques du Moyen Âge.

Le sonnet

📜 Le sonnet est un poème de 14 vers, rendu célèbre par Pétrarque dans le Canzoniere (vers 1430). Dans la tradition française, il se compose de deux quatrains et deux tercets.

🎵 Le mot vient du latin sonare (« sonner ») et de l’italien sonetto, qui désignait à l’origine un poème court ou une petite chanson.

✍️ Le sonnet est développé par les poètes humanistes (Scève, Louise Labé, Marot) puis par la Pléiade, avec Ronsard et Du Bellay. Au XIXᵉ siècle, Baudelaire renouvelle la forme, notamment en alexandrins.

À retenir : une forme brève, très codifiée, mais sans cesse réinventée.

L’essai

📘 L’essai est une œuvre de réflexion en prose, dans laquelle un auteur développe librement ses idées sur des sujets variés. Contrairement à l’étude scientifique, il peut être subjectif, engagé ou polémique.

✍️ Le modèle fondateur est Montaigne et ses Essais (1572-1592), où il affirme vouloir « se peindre lui-même », tout en abordant des questions philosophiques, politiques ou sociales.

🧠 Souvent écrit à la première personne, l’essai laisse une grande liberté de ton et de forme, mêlant argumentation, description et réflexion personnelle.

À retenir : l’essai est un genre libre, fondé sur la pensée et la subjectivité de l’auteur.

Le conte philosophique

📖 Le conte philosophique, utilisé par les philosophes des Lumières, reprend les codes du conte (fiction, personnages simplifiés, péripéties) pour faire réfléchir sur des questions philosophiques, politiques ou sociales.

🎭 Grâce à la fiction et à l’ironie, il permet de diffuser des idées nouvelles tout en contournant la censure.

Voltaire en est le maître. Dans Candide, il raconte les aventures d’un héros naïf pour remettre en cause l’optimisme selon lequel « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ».

L’apologue

📜 L’apologue est un court récit imagé destiné à transmettre une leçon morale. Né dans l’Antiquité avec Ésope (VIᵉ siècle av. J.-C.), il est souvent assimilé à la fable.

🐺 Au XVIIᵉ siècle, La Fontaine s’inspire d’Ésope et de Phèdre pour écrire ses Fables (1668-1693). En mettant en scène des animaux, il critique avec humour le pouvoir et les comportements humains.

📚 Cette forme brève continue d’être utilisée au XVIIIᵉ siècle, notamment par Fontenelle, malgré l’essor du conte philosophique.

À retenir : l’apologue instruit tout en divertissant, grâce à la fiction et à la morale.

Le pamphlet

🗞️ Le pamphlet est un court texte en prose au ton violent et polémique, apparu officiellement en 1824 avec Paul-Louis Courier (Le Pamphlet des pamphlets). Il traite le plus souvent de questions politiques ou idéologiques.

🔥 Loin de la neutralité, l’écriture pamphlétaire est subjective, sans nuance, et cherche à choquer pour provoquer une réaction du lecteur.

⚠️ Le genre peut devenir dangereux : Louis-Ferdinand Céline s’est tristement illustré avec Bagatelles pour un massacre (1937), pamphlet violemment antisémite.

À retenir : le pamphlet est une arme d’écriture, faite pour attaquer, dénoncer et mobiliser.

Le roman pastoral

🌿 Le roman pastoral est un genre littéraire des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, mettant en scène des bergers et bergères idéalisés.

💘 Loin de la réalité paysanne, ces personnages vivent dans un univers raffiné, consacré à l’amour et aux jeux de séduction. Une fois mariés, ils disparaissent généralement du récit.

📖 L’œuvre emblématique du genre est L’Astrée (1607) d’Honoré d’Urfé, très appréciée des Précieuses. Le genre sera ensuite tourné en dérision par les romans comiques de Charles Sorel.

À retenir : un monde idéalisé, champêtre et amoureux, loin du réel.

Le roman épistolaire

✉️ Le roman épistolaire repose sur un échange de lettres entre les personnages, sans narrateur externe. Le lecteur découvre l’histoire à travers leurs points de vue.

📜 Ce genre connaît un grand succès au siècle des Lumières, car l’écriture à la première personne crée une forte illusion d’authenticité.

📖 En 1761, Rousseau publie Julie ou la Nouvelle Héloïse, qui annonce le romantisme. En 1774, Goethe marque la littérature européenne avec Les Souffrances du jeune Werther.

À retenir : un roman intime, subjectif, qui donne la parole directe aux personnages.

L’épigramme

✒️ L’épigramme vient du grec epígramma (« inscription »). À l’origine, c’est un texte gravé sur des monuments ou des tombeaux pour conserver la mémoire d’un événement ou d’un héros.

📜 À partir du IVᵉ siècle av. J.-C., elle devient une courte pièce poétique, exprimant une idée fine ou ingénieuse en quelques vers.

😏 Dès le XVIᵉ siècle, l’épigramme se spécialise dans le trait d’esprit mordant, souvent satirique ou moqueur.

💡 Exemple célèbre : les épigrammes de Voltaire, redoutables par leur ironie… et leur cruauté.

Le poème en prose

📝 Le poème en prose apparaît à l’époque romantique, quand les écrivains cherchent de nouvelles formes d’expression lyrique, en dehors des règles de la versification.

📖 L’œuvre fondatrice est Gaspard de la nuit (1842) d’Aloysius Bertrand, un recueil de récits en prose à l’atmosphère médiévale et fantastique.

✨ Le genre est ensuite développé par Baudelaire avec Les Petits poèmes en prose (1869). Il rêvait d’une prose « musicale sans rythme et sans rime », capable d’exprimer les mouvements de l’âme.

💡 À retenir : le poème en prose mêle poésie et liberté formelle.

Le drame romantique

🎭 Le drame romantique est théorisé par Victor Hugo dans la préface de Cromwell (1827). Il cherche à dépasser la séparation entre tragédie et comédie, pour montrer à la fois le sublime et le grotesque de la nature humaine.

📚 Ce genre s’inspire aussi de la redécouverte du théâtre de Shakespeare au début du XIXᵉ siècle, notamment grâce à l’essai Racine et Shakespeare de Stendhal (1823).

⚔️ En 1830, la création de Hernani provoque une véritable bataille théâtrale, opposant les défenseurs du drame romantique aux partisans des règles classiques.

À retenir : un théâtre libre, mêlant les genres et brisant les codes traditionnels.

La tragédie

🎭 La tragédie naît dans la Grèce antique, au Ve siècle av. J.-C., lors des cérémonies religieuses en l’honneur de Dionysos. Selon Aristote, elle met en scène des personnages nobles soumis à une fatalité qui les conduit à la catastrophe.

📜 Au XVIIᵉ siècle, Corneille puis Racine s’inspirent des modèles antiques. Leur objectif est de susciter chez le spectateur la terreur et la pitié.

⚖️ Genre majeur du classicisme, la tragédie est généralement écrite en cinq actes et explore les grandes passions humaines, comme l’amour ou l’ambition.

À retenir : la tragédie montre l’homme face à un destin qui le dépasse.

La comédie

🎭 La comédie naît dans l’Antiquité grecque, lors des fêtes religieuses, avec des auteurs comme Aristophane et Ménandre, puis se poursuit à Rome avec Plaute.

🎪 Au Moyen Âge, la farce prolonge cet esprit comique en servant d’intermède aux pièces religieuses.

😂 Au XVIIᵉ siècle, Molière s’inspire à la fois des farces médiévales et des modèles antiques pour mettre en scène les bourgeois et leurs travers : argent, mariage, ambition sociale.

À retenir : la comédie fait rire pour mieux critiquer les mœurs — « Castigat ridendo mores » (« elle corrige les mœurs en riant »).


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