Élucidation conceptuelle

L'individu, du latin « individuus », renvoie à ce qui n'est pas divisé ou divisible en soi, à ce qui forme une unité et un tout. Aujourd'hui la notion se rapporte beaucoup plus à l'humain qu'à autre chose  : l'individu est un sujet, une personne capable d'opérer un choix.

La société est l'ensemble des individus dépendant les uns des autres et partageant les mêmes normes, règles. Elle est nécessaire non seulement pour l'humanité de l'individu mais également pour sa sécurité et sa survie. C'est ce qui pousse Aristote à dire que l'homme est un « zoon politikon » c'est-à-dire un « animal politique ». Cela veut dire qu'il est un être naturellement social.

La personne vient du mot latin « persona » qui désigne le déguisement, le masque. Une personne est avant tout un personnage, un acteur qui joue un rôle. Contrairement à l'individu qui est un être biologique qui n'est pas encore socialisé, la personne est l'être à qui la société fait jouer un rôle. Autrement dit, c'est la société qui transforme les individus en des personnes. Bref, la socialisation humanise l'individu en essayant d'étouffer ses comportements instinctifs afin qu'il ne soit pas, selon les propos d'Elias Norbert, « une bête humaine à demi sauvage ».

Origine(s) de la société

Contrairement à Aristote qui fait de la société une réalité naturelle et à Bossuet qui lui attribue une origine divine, Thomas Hobbes et Jean-Jacques Rousseau (théoriciens du contrat social) pensent qu'elle est conventionnelle c'est-à-dire qu'elle est une création des hommes. Ils partent de l'hypothèse d'un état fictif présocial qu'ils appellent « état de nature ». Il se caractérise par l'égalité naturelle  : « la nature a donné tout à tous ». Cela revient à dire que les hommes sont égaux par nature.

Pour Hobbes, l'état de nature est une situation de guerre de tous contre tous car « l'homme est un loup pour l'homme »  : d'où la formule latine « homo homini lupus ». L'homme est naturellement méchant disait Hobbes. Les individus, ne pouvant plus supporter cette situation conflictuelle permanente, décident alors de quitter l'état de nature et d'instaurer la société.

Par ailleurs, Rousseau pense que l'individu, au début, vivait dans un état de nature considéré comme celui de paix, de liberté, d'innocence, de solitude, de bonté naturelle de l'homme  : une sorte de paradis terrestre. La nature était généreuse à son égard puisqu'elle lui offrait tout ce dont il avait besoin. Mais avec le changement des conditions climatiques marqué par la sécheresse, les maladies, la famine…, les individus sont tenus de lutter pour leur survie. Pour cela, ils vont s'associer en signant un contrat qui est une sortie de l'état originel de nature vers la société civile.

L'homme est-il le produit de sa société  ?

Si pour les marxistes, l'homme est fruit de son milieu social (le déterminisme social), Sartre le conçoit comme un être totalement libre et maître de ses actes. Au-delà de ces différentes conceptions, nous pouvons retenir qu'en dehors de la société, l'homme ne développe pas son humanité. C'est en réalité la vie sociale qui lui permet d'être un humain.

Exemple

Les enfants sauvages de Lucien Malson. La société humanise l'homme.

EN RÉSUMÉ