Lorsqu'on réfléchit sur le rapport entre l'État et la liberté, deux positions antagonistes se dessinent  :

L'État comme un garant de la Liberté

Les théoriciens de l'origine contractuelle de la société, tels que Thomas Hobbes (1588-1679) et Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), considèrent l'État comme une instance qui assure la paix, la sécurité et garantit la liberté. Dans le chapitre VIII du livre I Du contrat social, Jean-Jacques Rousseau écrit  : « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté ». En d'autres termes, en respectant la loi, le citoyen ne fait qu'obéir à sa propre volonté car il est l'auteur des lois. Ces dernières sont l'expression de la volonté générale. L'auteur Du contrat social dira  : « il n'y a point de liberté sans lois ». Ce sont donc les lois qui rendent possible la liberté.

Selon Baruch Spinoza (1632-1677), l'État est la condition de réalisation de la liberté. Autrement dit, il permet l'accomplissement de la liberté. Spinoza dira  : « En vérité le but de l'État, c'est la liberté ».

L'État comme une menace pour la liberté

Institué pour jouer le rôle d'arbitre, l'État n'est en réalité jamais neutre selon les marxistes. Il est un instrument de domination au service de la classe dominante et exploite la classe ouvrière. C'est pour cette raison que Marx et Engels prônent le « dépérissement » (disparition progressive) de l'État et l'instauration de la société communiste qui est une société sans classes. Le point de vue de Marx est partagé par les anarchistes Proudhon et Bakounine qui considèrent que « l'État, c'est l'ennemi ». Ils prônent la disparition de l'État et de toute forme de contrainte pour l'émergence d'une liberté totale de l'individu.

Dans Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche écrit  : « État, qu'est-ce cela donc  ? Je vais vous parler de la mort des peuples. L'État, c'est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement et son mensonge consiste à dire ''moi l'État, je suis le peuple''. C'est un mensonge  ! ». En plus d'être cruel et manipulateur, l'État pille le peuple nous dit Nietzsche.

L'analyse de ces deux positions opposées montrent que même si l'État a des limites, il a aussi des atouts parce que sa disparition pourrait menacer notre existence. Paul Valéry aura donc raison de dire  : « Si l'État est fort, il nous écrase  ; s'il est faible, nous périssons ». Nous sommes en face d'un dilemme de type cornélien  : faut-il choisir entre la toute-puissance de l'État ou sa faiblesse, être oppressé ou périr. Dès lors, Paul Valery invite à un fonctionnement équilibré de l'État à telle enseigne que l'État puisse exister sans empiéter de trop sur les libertés.

EN RÉSUMÉ