Les normes sociales sont l'ensemble des règles, des normes de fonctionnement d'une société. Elles sont souvent ressenties comme des contraintes. Étant un être libre, l'individu a la capacité de choisir de suivre ou de ne pas suivre les normes. Lorsqu'il adopte une attitude d'obéissance, il devient un conformiste et son comportement est jugé normal par la société. En revanche, l'individu peut aller dans le sens inverse de ce que les normes permettent ; son rapport avec la société devient conflictuel et son acte est dit anormal et il devient un anticonformiste. Nous avons plusieurs formes d'anormalités dont les plus frappantes sont : la déviance, la marginalité et la folie.
La déviance : c'est un refus conscient des valeurs en cours. Il y a deux sortes de déviances. Nous avons d'une part, une déviance positive qui est le rejet des normes archaïques et discriminatoires. Cette déviance ne cherche pas à déstabiliser l'ordre social mais à le perfectionner en instaurant de nouvelles valeurs. C'est le cas des prophètes religieux, des révolutionnaires politiques, de certains philosophes, etc. La déviance positive est une action novatrice dont la finalité est la création d'un nouveau monde. D'autre part, nous avons une déviance négative. Elle est mauvaise et destructrice de civilisation. Elle porte atteinte à la stabilité sociale et elle est source de dégradation des mœurs. Il s'agit des meurtriers, pédophiles, drogués, etc. Ces déviants tirent la société vers le bas et n'ont aucun projet social alternatif.
La marginalité : désigne le fait d'être à la marge de la société, puisqu'on y trouve un mal de vivre. Elle peut être subie quand elle résulte des effets de ségrégation, de discrimination. Par ailleurs, elle est dite choisie quand elle est volontaire. C'est l'image que nous avons de certains artistes dans notre société. Toutefois, le comportement du marginal n'est pas violent contrairement à celui du déviant qui s'oppose activement et accuse une distance avec la société.
La folie : c'est un état de dérèglement mental, un problème pathologique. En d'autres termes, c'est le caractère de ce qui échappe au contrôle de la raison. Par ailleurs, la folie est un fait social. C'est la société qui crée ses propres fous : « On ne devient pas fou comme on le désire ; la culture a tout prévu », écrit François Laplantine. La folie, selon certains, n'est pas une perte de raison mais un excès de raison. C'est pourquoi Nietzsche l'assimile à « une sagesse fatale très sûre ». Est fou celui qui pense et agit différemment de la foule. C'est pourquoi, les grandes figures philosophiques à l'image de Socrate était traité par ses contemporains, comme un fou car il avait dépassé intellectuellement de loin les gens. S'il en est ainsi, ne pourrions-nous pas dire que c'est la société qui est folle ? Tout se passe donc comme si le fou, c'est toujours l'autre.