La fonction première et essentielle de l'art c'est la fonction esthétique c'est-à-dire le beau. Certains penseurs comme Kant et les parnassiens soutiennent que l'art n'a pas d'autre finalité que le beau.
En revanche, l'art peut avoir d'autres fonctions. Il peut être par exemple au service de causes multiples et variées. C'est d'ailleurs dans ce sens que Victor Hugo nous dit que : « l'art pour l'art c'est beau, mais l'art pour le progrès, c'est encore mieux ». Parmi ses fonctions nous pouvons citer :
La fonction subversive c'est quand l'artiste utilise sa plume, sa voix ou son pinceau au service d'une cause. Ici, l'art consiste à éveiller les populations pour les amener à prendre leur destin en main. On peut citer, par exemple, le rôle qu'a joué le mouvement hip hop dans l'actualité politique au Sénégal en 2012. Voilà pourquoi Franz Kafka s'interroge en ces termes : « Si les livres que nous lisons ne nous réveillent pas d'un coup de poing sur le crâne, à quoi bon les lire ? ». Cette fonction de l'art est contestataire. C'est dans cette perspective que s'inscrit toute l'œuvre d'Aimé Césaire qui dénonce toute forme de domination et d'exploitation. Il disait à ce titre : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir ».
La fonction magico-religieuse c'est lorsque les objets d'art servent d'intermédiaires entre les esprits et les vivants. On peut citer les fétiches et les masques entre autres. En ce sens, l'œuvre d'art est un symbole entre le visible et l'invisible, entre le sensible et le spirituel. Et même dans les religions monothéistes il y a aussi de l'art comme en témoignent les décorations dans les mosquées et les sculptures dans les églises. Dans les arts rythmiques la musique et même la danse sont très présentes dans certaines religions (c'est le cas de la chorale).
La fonction thérapeutique consiste à soigner un individu de ses maux. En Afrique, par exemple, les cérémonies d'exorcisme (le « Ndeup » des lébous au Sénégal) qui sont faites de chants, de tam-tam et de danses sont foncièrement thérapeutiques.
La fonction cathartique c'est lorsque l'art est un moyen de se soulager, de se libérer d'un ensemble de frustrations, de tout ce qui fait souffrir l'homme. Nous pouvons citer en guise d'illustration Victor Hugo notamment son poème intitulé « Demain dès l'aube » écrit après le décès de sa fille. C'est aussi le cas de Léopold Senghor dans « Élégie » rédigé après la mort de son fils Philippe.
La fonction de sublimation c'est lorsque l'art est un moyen d'expression de nos tensions intérieures. L'artiste exprime sa libido c'est-à-dire ses pulsions, ses désirs, ses passions à travers son œuvre. Freud dira que si Leonard de Vinci peint la femme mieux que quiconque c'est parce qu'il est un obsédé sexuel. L'art contribue de ce fait à notre équilibre psychique.
La fonction ludique lorsqu'il sert à divertir. Son but ici c'est de provoquer la joie et le plaisir. Par exemple : la bande dessinée, la danse, la musique.
La fonction pédagogique c'est lorsque l'art s'inscrit dans un processus d'éveil et d'éducation du peuple. Il peut servir de support aux valeurs sociales. Exemples : Les Fables de Jean de La Fontaine/ Les contes d'Amadou Koumba de Birago Diop.
En plus de ce rôle d'éducation et de formation, l'art sert aussi à sensibiliser. On peut citer à cet égard l'utilisation des artistes dans l'éducation des masses ainsi que leur sensibilisation face certains fléaux.
La fonction érotique, l'art est utilisé pour provoquer chez le spectateur un désir charnel. C'est notamment le cas des danses érotiques comme la danse du ventre des arabes.
La fonction communicative qui revêt deux dimensions à savoir le volet expressif et le volet impressif. L'œuvre d'art est expressive lorsque l'artiste exprime ou dévoile ses sentiments, ses idées, ses rêves, ses craintes, ses espoirs, ses désespoirs, etc. L'artiste les partage avec autrui. Ainsi, faire de l'art, c'est communiquer, sortir de soi-même pour aller vers autrui. La dimension impressive intervient lorsque l'artiste suscite des sentiments chez autrui : des sentiments de joie ou de peine, de bonheur ou de dégoût, d'espoir ou de désespoir, de quiétude ou d'inquiétude, etc.
La fonction d'immortalisation d'un événement. L'art permet de fixer pour l'éternité une réalité qui est vouée à disparaître. Les emblèmes ainsi que les scènes de chasse et de guerre que les primitifs avaient représenté sur les grottes sont toujours présentes (l'art rupestre). Avec cette fonction, l'art vise à lutter contre la mort d'un événement, contre l'oubli, il permet de résister à l'usure du temps. Pour Malraux « l'art est un anti-destin » dans la mesure où il permet à l'homme d'échapper à son destin (à la mort) en immortalisant à jamais l'artiste à travers son œuvre. Ici l'art remplit le vœu pieux de l'homme de vivre éternellement.