Le mot Métaphysique vient du grec « meta ta phusika » qui veut dire après, au-delà de la physique. Ce terme a été forgé par Andronicos de Rhodes (philosophe péripatéticien du $\rm{I}^{\rm{er}}$ siècle avant J.-C.) dans le but de classer les écrits d'Aristote qui traitaient d'objets abstraits non physiques tels que l'âme, l'au-delà… Si c'est à partir des textes d'Aristote que le mot métaphysique a vu le jour, il faut savoir que Aristote n'a jamais utilisé le mot métaphysique. À la place il se servait d'expressions telles que « la science de l'Être en tant qu'Être » ou « la science des premiers principes et des premières causes » ou encore « la philosophie première ».
La métaphysique peut être définie comme la partie de la philosophie qui traite d'objets qui se trouvent au-delà de la physique, du monde sensible. Mais, la raison peut-elle objectivement connaître ce qui dépasse le monde physique ? Autrement dit, peut-on, par exemple, avoir une connaissance rationnelle de Dieu ?
Pour Aristote, la connaissance métaphysique est bel et bien possible. Dans sa recherche de la cause première, il procède par régression et arrive à l'idée du premier moteur. Celui-ci s'impose à nous car il arrivera un moment où on ne pourra plus avancer c'est-à-dire on arrivera nécessairement à une première cause qui est à l'origine des autres sans que rien ne soit à son origine. Ce premier moteur, nous dit Aristote, c'est Dieu. Donc, Aristote passe d'une ontologie à une théologie rationnelle.
Descartes défend aussi la possibilité de la connaissance métaphysique. Pour lui, il est possible de connaître rationnellement Dieu. Pour appuyer cette idée, Descartes se base sur l'idée de dualité. En effet, une chose existe et n'a de sens que parce que son contraire existe. Par exemple le Bien et le Mal, donc puisque l'homme existe : être imparfait, mortel alors il existe forcément un être parfait, éternel c'est-à-dire Dieu.
Cependant, d'autres considèrent la métaphysique comme illusoire. En effet, les philosophes du soupçon (Nietzsche, Marx et Freud) diront que les objets métaphysiques n'existent pas. Auguste Comte (1798-1857/ Philosophe et sociologue français, fondateur du positivisme) va faire de la métaphysique une activité dépassée (cf. la théorie de l'évolution de l'esprit de Auguste Comte).
Kant adopte une position médiane en montrant que les objets métaphysiques existent mais ne sont pas à la portée de la raison. C'est dans ce sens qu'il dira que la raison ne peut saisir ce qui est en dehors de l'espace et du temps. Tout en montrant les limites de la raison, Kant met l'accent sur la nécessité de la métaphysique. Celle-ci est inhérente à l'homme : Arthur Schopenhauer dira que « l'homme est un animal métaphysique ». Autrement dit, les interrogations métaphysiques sont inséparables de la nature humaine (elles sont l’expression de notre besoin de comprendre et de donner un sens à notre existence). En effet, l'homme ne peut pas ne pas se poser des questions métaphysiques comme : qu'est-ce qu'il y a après la mort ? Où allons-nous ? Même si nous n'avons pas de réponse satisfaisante, les interrogations métaphysiques demeurent nécessaires.