Aussi paradoxale que cela semble être, la vérité scientifique n'est pas de l'ordre de la possession : elle n'est pas une chose définitivement acquise.
Selon Karl Popper (1902-1994), le propre d'une vérité scientifique, c'est d'être contredite. Une vérité qui n'est pas réfutable est dépourvue de caractère scientifique. Aussi faut-il toujours chercher à réfuter ou à falsifier les théories scientifiques. S'il arrive à une théorie de résister à toutes les tentatives de réfutation ou de falsification, il faut la considérer comme corroborée, c'est-à-dire provisoirement vraie et non comme vraie définitivement ; d'où le terme de vérisimilitude pour désigner la vérité scientifique.
Pour Gaston Bachelard (1884-1962) d'ailleurs, la vérité de la science n'est jamais complète, elle est toujours à mi-chemin, toujours à parfaire : elle nécessite toujours une correction. Il dira « l'esprit scientifique se constitue sur un ensemble d'erreurs rectifiées ». C'est pourquoi le véritable esprit scientifique ne doit pas chercher à conserver par tous les moyens sa théorie.