Qu'est-ce que l'art ?

De ses origines grecque « tekhnê » et latine « ars », l'art signifiait savoir-faire, habileté ou technique. Il renvoyait à une maîtrise parfaite d'une chose. D'ailleurs, on parlait d'art culinaire, d'art martial, d'art de gouverner, etc. Mais, ce n'est qu'au XVIIIème siècle que le terme est essentiellement utilisé pour désigner les beaux-arts. Dans le Vocabulaire technique et critique de la philosophie, André Lalande définit l'art comme toute « production de beauté par les œuvres d'un être conscient ». A travers cette définition, apparaît l'idée que l'art est une œuvre spécifiquement humaine. Pour montrer le lien étroit entre l'art et l'existence humaine, René Huyghe écrit  : « Pas d'art sans homme, mais aussi pas d'homme sans art ». En effet, aussi loin que l'on remonte dans l'histoire de l'humanité, on s'aperçoit que partout où il y a des traces de l'homme il y a également celles de l'art.

Contrairement à l'artisanat et à la technique, l'art est une activité de création originale qui ne s'apprend pas. On n'apprend pas seulement les techniques mais le talent est un don naturel. Il n'a certes pas d'utilité pratique, mais l'art peut remplir des fonctions (l'art engagé). À la différence de l'artisanat et de la technique, une œuvre d'art est unique et elle porte la signature, l'empreinte de son auteur. Même si la beauté est présente dans plusieurs activités, il faut reconnaître que celle artistique est plus profonde et elle transcende les frontières et les barrières culturelles.

Qu'est-ce que le Beau ?

Dans son dialogue Hippias majeur, Platon met au cœur du débat la question du Beau. A la question de Socrate « Qu'est-ce que le beau  ? », Hippias répond en donnant des exemples de beautés. Cependant, la question « Qu'est-ce que le beau  ? » porte sur le Beau en soi, c'est-à-dire l'essence même du Beau, qui rend belles toutes choses ainsi considérées. Platon dira que le Beau est la « Splendeur du Bien » c'est-à-dire qu'il s'assimile au Bien. Dans la conception Platonicienne, le Beau est une Idée, un concept du monde intelligible. Il est immuable, éternel.

Dans la Critique de la faculté de juger, Kant écrit  : « le beau est une finalité sans fin », c'est-à-dire que la beauté est en elle-même sa propre fin. Devant une œuvre d'art, on ne demande pas « à quoi ça sert  ? », car dit Kant, elle ne sert à rien sinon qu'à susciter un sentiment de plaisir chez celui qui la perçoit. Le Beau est donc désintéressé. A la différence de l'agréable qui est relatif, le Beau est universel, il ne laisse personne indifférent et en plus, personne ne peut expliquer ou démontrer de manière logique pourquoi c'est Beau. D'où la définition de Kant  : « Le beau est ce qui plait universellement sans concept ».

EN RÉSUMÉ