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Concordance des temps : règles, exemples et exercices

17 septembre 2026 5 min

« Si j’aurais su… » : la formule est célèbre, mais côté conjugaison, mieux vaut l’éviter dans une copie. La concordance des temps sert justement à choisir le bon temps selon le sens de la phrase. Présent, futur, imparfait, plus-que-parfait, conditionnel présent ou passé : comment savoir lequel utiliser ? Avec « si », trois constructions sont particulièrement importantes à retenir. Voici les règles de concordance des temps, avec des exemples et des exercices corrigés pour ne plus hésiter.

En bref : comment maîtriser la concordance des temps ?

La concordance des temps permet d’exprimer le rapport entre plusieurs actions. Avec « si », trois constructions sont particulièrement importantes : si + présent → futur pour une hypothèse réalisable ; si + imparfait → conditionnel présent pour l’irréel du présent ; si + plus-que-parfait → conditionnel passé pour l’irréel du passé. Avec Nomad Education, les fiches illustrées, mini-cours, quiz et exercices corrigés permettent de revoir les temps et de s’entraîner à les utiliser correctement.

Qu’est-ce que la concordance des temps ?

La concordance des temps désigne la relation entre les temps des verbes employés dans les différentes propositions d’une phrase complexe. Le temps d’un verbe ne se choisit donc pas toujours indépendamment des autres : il permet aussi de situer une action par rapport à une autre.

Une action peut ainsi se dérouler avant, pendant ou après l’action exprimée dans la proposition principale. On parle alors d’antériorité, de simultanéité ou de postériorité.

Antériorité, simultanéité et postériorité : quelle différence ?

Ces trois notions permettent de comprendre la logique de la concordance des temps :

  • antériorité : une action se déroule avant une autre ;
  • simultanéité : deux actions se déroulent au même moment ;
  • postériorité : une action se déroule après une autre.

Par exemple :

Il explique qu’il a terminé son exercice.

L’action de terminer est antérieure au moment où il l’explique.

Il explique qu’il travaille.

Les deux actions sont présentées comme simultanées.

Il explique qu’il travaillera demain.

Le travail est postérieur au moment où il parle.

La concordance des temps permet donc de situer clairement les événements les uns par rapport aux autres. Cependant, les temps à employer dépendent également du type de proposition et du sens recherché.

Proposition principale et proposition subordonnée

Une phrase complexe peut notamment comporter une proposition principale et une proposition subordonnée.

Dans :

Si Paul travaille, il réussira.

« Si Paul travaille » constitue la proposition subordonnée circonstancielle de condition, tandis que « il réussira » correspond à la proposition principale.

Dans ce cas précis, le choix des temps indique également le degré de réalisation de l’hypothèse : possible, irréelle dans le présent ou impossible à modifier dans le passé. C’est précisément le cas développé dans la fiche Nomad sur la concordance des temps.

Concordance des temps avec « si » : les 3 règles

Pour maîtriser la concordance des temps avec “si”, trois constructions doivent devenir des automatismes.

Après « si »Proposition principaleValeur
PrésentFutur simpleHypothèse réalisable
ImparfaitConditionnel présentIrréel du présent
Plus-que-parfaitConditionnel passéIrréel du passé

Ces trois associations correspondent aux trois situations distinguées dans la fiche de révision Nomad.

Si + présent → futur : l’hypothèse réalisable

Première construction :

Si + présent de l’indicatif → futur simple

Exemple :

Si Paul travaille, il réussira.

Paul peut encore travailler et réussir. L’action reste donc possible ou réalisable. C’est ce que la fiche Nomad qualifie d’hypothèse réalisable.

Autres exemples :

  • Si les élèves révisent régulièrement, ils progresseront.
  • Si le bus arrive à l’heure, nous serons en avance.
  • S’il fait beau demain, la sortie aura lieu.

Dans ces phrases, la condition exprimée avec « si » peut encore se réaliser. Sa conséquence est donc envisagée dans le futur.

Si + imparfait → conditionnel présent : l’irréel du présent

Deuxième construction :

Si + imparfait → conditionnel présent

Exemple :

Si Paul travaillait, il réussirait.

Cette fois, la réussite paraît moins réalisable. La phrase imagine une situation différente de la réalité présente. La fiche Nomad parle ainsi d’irréel du présent.

Autres exemples :

  • Si j’avais plus de temps, je lirais davantage.
  • Si elle connaissait la réponse, elle la donnerait.
  • Si nous habitions plus près, nous viendrions à pied.

Le conditionnel présent exprime ici ce qui se produirait si la condition formulée à l’imparfait était remplie.

Si + plus-que-parfait → conditionnel passé : l’irréel du passé

Troisième construction :

Si + plus-que-parfait → conditionnel passé

Exemple :

Si Paul avait travaillé, il aurait réussi.

L’action appartient désormais au passé : Paul n’a pas travaillé comme envisagé et la réussite n’a pas eu lieu. La situation ne peut donc plus être modifiée. C’est l’irréel du passé.

Autres exemples :

  • Si elle avait révisé, elle aurait mieux réussi.
  • Si nous étions partis plus tôt, nous n’aurions pas raté le train.
  • Si j’avais su, je serais venu.

Cette construction permet notamment d’imaginer ce qui aurait pu se produire dans le passé si les circonstances avaient été différentes.

Tableau de concordance des temps avec « si »

Pour retenir rapidement les trois constructions, voici le tableau de concordance des temps à connaître :

Type d’hypothèseProposition avec « si »Proposition principaleExemple
RéalisablePrésentFutur simpleSi elle travaille, elle réussira.
Irréel du présentImparfaitConditionnel présentSi elle travaillait, elle réussirait.
Irréel du passéPlus-que-parfaitConditionnel passéSi elle avait travaillé, elle aurait réussi.

Une formule permet de mémoriser l’essentiel :

Présent → futur
Imparfait → conditionnel présent
Plus-que-parfait → conditionnel passé

Mais mieux vaut comprendre la logique que réciter le tableau comme une formule magique. Plus l’hypothèse s’éloigne de la situation réelle, plus les temps employés permettent de marquer cette distance.

Comment choisir le bon temps après « si » ?

Pour savoir quel temps utiliser après “si”, une question permet généralement de débloquer la situation : la condition peut-elle encore se réaliser ?

La condition peut encore se réaliser

La situation reste possible :

Si + présent → futur

Si elle s’entraîne, elle progressera.

Elle peut encore s’entraîner. Sa progression reste donc envisageable.

La situation est hypothétique dans le présent

La phrase imagine une situation qui ne correspond pas à la réalité actuelle :

Si + imparfait → conditionnel présent

Si elle s’entraînait davantage, elle progresserait.

La phrase suggère qu’elle ne s’entraîne actuellement pas suffisamment.

La situation appartient au passé

L’événement a déjà eu lieu et il est désormais impossible d’en modifier les conditions :

Si + plus-que-parfait → conditionnel passé

Si elle s’était entraînée davantage, elle aurait progressé.

L’entraînement et son éventuelle conséquence appartiennent au passé.

L’astuce pour retrouver la bonne concordance

En cas d’hésitation, trois questions peuvent donc suffire :

C’est encore possible ? → présent + futur.

C’est imaginaire ou contraire à la situation présente ? → imparfait + conditionnel présent.

C’est terminé et impossible à modifier ? → plus-que-parfait + conditionnel passé.

Cette méthode permet de retrouver la règle grâce au sens de la phrase, plutôt que d’apprendre mécaniquement une succession de temps.

« Si j’aurais » : pourquoi cette construction est-elle incorrecte ?

C’est probablement l’erreur la plus célèbre en matière de concordance des temps :

Incorrect : Si j’aurais travaillé, j’aurais réussi.

Correct : Si j’avais travaillé, j’aurais réussi.

Dans les constructions conditionnelles étudiées ici, la proposition introduite par « si » ne se construit pas au conditionnel.

Pour exprimer une hypothèse passée qui ne s’est pas réalisée, la règle est :

Si + plus-que-parfait → conditionnel passé

On écrit donc :

Si j’avais su, je serais venu.

et non :

Si j’aurais su, je serais venu.

Pourquoi faut-il écrire « si j’avais » ?

Dans « si j’avais su », « avais » correspond à l’imparfait de l’auxiliaire avoir. Associé au participe passé « su », il forme le plus-que-parfait : « j’avais su ».

La proposition principale peut ensuite être construite au conditionnel passé :

je serais venu.

La phrase complète respecte donc le modèle :

Si j’avais su, je serais venu.

Comment ne plus faire l’erreur ?

Une astuce consiste à mémoriser les trois temps que l’on retrouve dans la proposition introduite par « si » dans les constructions étudiées :

présent, imparfait, plus-que-parfait.

Le conditionnel apparaît, lui, dans la proposition principale lorsqu’il sert à exprimer l’irréel du présent ou du passé.

Voilà de quoi éviter que le fameux « si j’aurais » ne profite d’une seconde d’inattention pour se glisser dans une copie.

Les erreurs fréquentes sur la concordance des temps

Certaines erreurs reviennent particulièrement souvent dans les exercices, les rédactions et les copies d’examen.

Employer le conditionnel après « si »

Incorrect : Si elle aurait le temps, elle viendrait.

Correct : Si elle avait le temps, elle viendrait.

Pour exprimer cette hypothèse, il faut associer l’imparfait dans la proposition avec « si » au conditionnel présent dans la principale.

Confondre conditionnel présent et conditionnel passé

Comparer ces deux phrases :

Si elle travaillait, elle réussirait.

Si elle avait travaillé, elle aurait réussi.

Dans la première, la situation est envisagée dans le présent. Dans la seconde, elle appartient déjà au passé.

La différence entre conditionnel présent et conditionnel passé change donc directement le sens de la phrase.

Confondre imparfait et plus-que-parfait

L’imparfait est utilisé dans :

Si elle travaillait davantage, elle réussirait.

Le plus-que-parfait apparaît dans :

Si elle avait travaillé davantage, elle aurait réussi.

Pour les différencier, il faut regarder le moment auquel renvoie l’hypothèse. L’imparfait concerne ici une situation présente imaginée autrement, tandis que le plus-que-parfait renvoie à une situation passée.

Appliquer la règle sans comprendre le sens

Connaître les terminaisons ne suffit pas toujours. Avant de conjuguer, il faut déterminer ce que la phrase veut exprimer. La condition est-elle réalisable ? S’agit-il d’une situation irréelle dans le présent ? Ou l’événement appartient-il déjà au passé ? Une fois cette question résolue, le choix des temps devient beaucoup plus simple.

Exercices de concordance des temps avec corrigés

Place à la pratique. L’objectif consiste à compléter chaque phrase avec le bon temps, mais aussi à comprendre pourquoi cette forme convient.

Exercice 1 : compléter avec le bon temps

  1. Si Léa révise régulièrement, elle ______ son contrôle. (réussir)
  2. Si Léa révisait régulièrement, elle ______ de meilleurs résultats. (obtenir)
  3. Si Léa avait révisé davantage, elle ______ son contrôle. (réussir)
  4. Si nous partons maintenant, nous ______ à l’heure. (arriver)
  5. Si j’avais connu la réponse, je te la ______. (donner)

Exercice 2 : retrouver le type d’hypothèse

Identifier dans chaque phrase une hypothèse réalisable, un irréel du présent ou un irréel du passé.

  1. Si le temps s’améliore, nous sortirons.
  2. Si j’étais à sa place, je demanderais de l’aide.
  3. Si nous avions pris le premier train, nous serions arrivés à l’heure.

Comment retenir facilement la concordance des temps ?

La concordance des temps devient beaucoup plus simple lorsqu’elle est comprise comme une question de chronologie et de sens, et non comme une liste de règles à réciter.

Pour une phrase conditionnelle avec « si », trois étapes permettent de trouver la bonne réponse.

1. Repérer « si » et les deux propositions

Il faut identifier la condition et sa conséquence.

2. Situer la condition dans le temps.

Est-elle encore possible ? Imaginaire dans le présent ? Définitivement passée ?

3. Appliquer la bonne combinaison.

Possible → présent + futur
Irréel du présent → imparfait + conditionnel présent
Irréel du passé → plus-que-parfait + conditionnel passé

À force de rencontrer ces constructions dans des textes et de les utiliser dans des exercices, le choix des temps devient progressivement un réflexe.

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FAQ sur la concordance des temps

Qu’est-ce que la concordance des temps ?

La concordance des temps correspond aux relations entre les temps verbaux employés dans les différentes propositions d’une phrase. Elle permet notamment d’indiquer si une action se déroule avant, pendant ou après une autre et, dans une phrase conditionnelle, de préciser la valeur d’une hypothèse.

Quelles sont les règles de concordance des temps avec « si » ?

Trois constructions sont particulièrement importantes : si + présent → futur pour une hypothèse réalisable ; si + imparfait → conditionnel présent pour l’irréel du présent ; si + plus-que-parfait → conditionnel passé pour l’irréel du passé.

Quel temps utiliser après « si » ?

Dans les trois constructions conditionnelles étudiées ici, « si » peut être suivi du présent de l’indicatif, de l’imparfait ou du plus-que-parfait. Le temps choisi dépend du sens de l’hypothèse.

Quel temps utiliser avec « si » et le futur ?

Pour exprimer une condition réalisable suivie d’une conséquence future, on peut utiliser :

Si + présent → futur simple

Exemple : Si elle travaille, elle réussira.

Quel temps utiliser avec « si » et le conditionnel présent ?

Lorsque la conséquence est exprimée au conditionnel présent, la condition se construit à l’imparfait :

Si + imparfait → conditionnel présent

Exemple : Si elle travaillait, elle réussirait.

Quel temps utiliser avec « si » et le conditionnel passé ?

Pour exprimer l’irréel du passé :

Si + plus-que-parfait → conditionnel passé

Exemple : Si elle avait travaillé, elle aurait réussi.

Peut-on dire « si j’aurais » ?

Dans une proposition conditionnelle construite selon les modèles présentés ici, non. On écrit par exemple « si j’avais su, je serais venu », et non « si j’aurais su, je serais venu ».

Quelle est la différence entre « si j’avais » et « si j’aurais » ?

Dans « si j’avais su », « avais » sert à former le plus-que-parfait « j’avais su ». Cette construction permet d’exprimer une hypothèse passée. « Si j’aurais su » emploie au contraire le conditionnel dans la proposition introduite par « si » et ne respecte pas la construction attendue dans ce cas.

Comment savoir quel temps utiliser dans une phrase avec « si » ?

Il faut déterminer la valeur de l’hypothèse. Si elle reste réalisable, on peut employer présent + futur. Si elle est irréelle dans le présent, on utilise imparfait + conditionnel présent. Enfin, si elle appartient à un passé qui ne peut plus être modifié, on emploie plus-que-parfait + conditionnel passé.

Quelle différence entre antériorité, simultanéité et postériorité ?

L’antériorité signifie qu’une action se produit avant une autre. La simultanéité indique que les actions se déroulent au même moment. Enfin, la postériorité signifie qu’une action se déroule après l’autre. Ces relations temporelles permettent de comprendre plus largement le fonctionnement de la concordance des temps.


Nomad Education, l’application de révision et de réussite scolaire N°1 du primaire au Bac+3, créée par des professeurs pour aider les élèves à réussir leurs examens et leur orientation.

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