À l’heure où les lycéens formulent leurs vœux d’orientation, une question revient régulièrement : faut-il déjà savoir ce que l’on veut faire de sa vie ? Pour Jean Charroin, directeur général de l’Essca, le véritable sujet se situe ailleurs.
« Quand on va quitter le lycée, il faut surtout réfléchir, indépendamment du cursus que l’on va suivre, à la manière dont on veut apprendre. »
Dans un pays où les filières, les classements et les débouchés sont à l’honneur, il remet au centre une dimension parfois négligée : le rapport personnel à l’apprentissage.

Choisir un cadre avant de choisir un métier
Aujourd’hui, un étudiant peut changer plusieurs fois de voie au cours de sa carrière. Les trajectoires linéaires deviennent rares. Les recruteurs eux-mêmes valorisent désormais l’adaptabilité, la capacité à apprendre en continu, à collaborer, à décider.
Dans ce contexte, le choix du cadre d’études devient structurant.
« Dans une classe préparatoire, les élèves sont évalués toutes les semaines. C’est un choix », souligne Jean Charroin. D’autres préféreront « multiplier les expériences en entreprise ou à l’international ». Les écoles post-bac, explique-t-il, offrent justement ce type d’environnement plus ouvert.
Cette distinction est essentielle : certains jeunes s’épanouissent dans un cadre très structuré, d’autres dans une autonomie plus large. Le système français propose ces deux modèles. Encore faut-il que le choix corresponde à la personnalité de l’étudiant.
Une génération face à des incertitudes
Interrogé sur son propre parcours, Jean Charroin évoque une époque « plus simple ». « Je voulais faire des études agroalimentaires pour nourrir le monde. »
Le projet était clair, presque idéaliste. Mais il reconnaît aussi qu’un diplôme d’ingénieur ouvrait déjà bien d’autres portes. La différence, selon lui, tient surtout au climat ambiant : « Il y avait autant d’incertitudes, mais moins d’angoisse certainement. »
Les jeunes d’aujourd’hui évoluent dans un monde saturé d’informations, de comparaisons permanentes et de scénarios prospectifs. Or, l’histoire récente montre que la capacité à évoluer compte davantage que la spécialisation précoce. Beaucoup de métiers actuels n’existaient pas il y a quinze ans.
Réussite et épanouissement : un équilibre exigeant
Comment reconnaître un étudiant qui se sent bien dans son école ? « On le voit vite, car il ou elle s’engage pleinement dans son parcours et profite de toutes les opportunités internationales, académiques, professionnelles ou associatives. »
L’engagement apparaît comme un indicateur clé. Non pas seulement la performance académique, mais la capacité à saisir les occasions, à s’impliquer, à tester, à oser.
Pour autant, Jean Charroin rappelle la responsabilité des établissements : « Nous sommes là pour leur délivrer une certaine excellence académique. Cela exige une certaine rigueur de leur part. »
L’équilibre ne signifie pas relâchement. Il s’agit plutôt d’articuler exigence et développement personnel. « Un élève est bien dans sa peau quand il peut conjuguer réussite et épanouissement hors du cadre purement scolaire. »
Les entreprises recherchent précisément ces profils capables de conjuguer compétences techniques, intelligence collective et solidité personnelle.
Former des décideurs utiles
Dans dix ans, que souhaiterait-il entendre de ses anciens étudiants ?
« J’aimerais qu’ils me disent que, grâce à nous, ils ont appris à réfléchir, à décider et à porter des projets en équipe. »
Sa conception du rôle d’une grande école : préparer à la responsabilité. Dans un monde où les décisions ont un impact économique, social et environnemental immédiat, savoir décider devient une compétence centrale.
Le mot « utile » revient d’ailleurs dans son discours : former des femmes et des hommes capables d’agir avec discernement.
Réussir sa vie : une définition durable
À la question ultime “qu’est-ce que réussir sa vie ?” Jean Charroin répond sans détour :
« L’équilibre personnel est essentiel. »
Il évoque la capacité à « se donner la possibilité de changer » et à saisir les opportunités tout au long de son parcours. La réussite se construit dans la durée, dans l’ajustement, dans la liberté de réinventer sa trajectoire.
Et il ajoute un principe fondamental : « En n’oubliant jamais sa vie personnelle. Penser à soi est fondamental pour mieux s’occuper des autres. »
Ce n’est pas chez Nomad Education que nous dirons le contraire !
Notre mission : accompagner les jeunes après l’école, pour en faire des adultes conscients des enjeux de demain. D’ailleurs, grâce à notre abonnement NOMAD+, Parcoursup n’a plus de secret pour eux, et leurs choix d’orientation se font sereinement.
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Dans un environnement où la performance occupe souvent le devant de la scène, cette vision replace l’humain au centre. Réussir ne se résume pas à une fonction ou à un titre. C’est une dynamique d’équilibre, d’engagement et d’utilité.
Peut-être est-ce là le message le plus rassurant pour les familles : l’orientation n’est pas un verdict définitif, mais le début d’un chemin. Et ce chemin se construit moins autour d’une certitude figée que d’une capacité à apprendre, à évoluer et à rester fidèle à soi-même.



