Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?
Soit nous pouvons répondre à la question « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? », que Leibniz identifie comme la question principale de la métaphysique. Dans ce cas, le seul fait de pouvoir répondre suggère que notre esprit est omniscient, capable à la fois d'embrasser le réel, le possible et le néant : nous serions davantage qu'humains, émancipés de notre finitude. Soit, au contraire, nous ne pouvons apporter de réponse à cette question, et dans ce cas nous devrions apprendre à restreindre les prétentions de notre esprit, pour simplement chercher à répondre à la question « comment est ce qui est ? » : mais ne serions-nous pas alors moins qu'humain, en prétendant récuser a priori la question fondamentale du sens de l'existence ? Ainsi, pour ce qui est de la question de l'être, de l'existence et de son sens, nous serions voués à l'obscurité.