Le sensible et l'intelligible
Se dégager du sensible pour accéder à l’essence des êtres n'implique pas sa négation ni son rejet. Le mouvement est plutôt celui d'une traversée, comme les fils de chaîne et de trame d'un tissu se « traversent » et s’entrelacent, selon l’image de Platon dans le Phèdre. Traversée de l'imagination et de la croyance pour se dégager de l'opinion, au profit d’une intelligence de l'essence des choses, par le mouvement même de la raison. Le cercle tracé au tableau est bien réel, mais n'a la réalité que d'une image, toujours imparfaite par rapport à l'essence du cercle : le mouvement décrit par un segment de droite dans un plan, dont une extrémité est fixe, et l'autre mobile. Ainsi, l’essence épuise l’être de l’objet, non pas par une stabilité définitoire artificielle qui figerait son objet, mais parce que la définition du propre d’une chose nous fait aussi connaître sa genèse.