Publiées en 1951, Les Mémoires d’Hadrien ont eu un succès mondial. Roman historique, l’ouvrage se présente sous la forme d’une longue lettre adressée par l’empereur romain à son petit-fils adoptif, celui qui deviendra Marc Aurèle, déjà pressenti comme un éventuel successeur.
À l’origine de ce projet d’écriture d’une ampleur considérable, il y a cette citation de Flaubert qui interpelle Marguerite Yourcenar dès 1927 : « Les dieux n’étant plus, et le Christ n’étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique où l’homme seul a été. » À ce moment-là, l’écrivain a 24 ans. Elle rédige un premier manuscrit sur l’empereur Hadrien avec comme narrateur son favori et amant, Antinoüs, mais elle détruit ses versions de jeunesse et ne reprend son projet qu’une vingtaine d’années plus tard. Cette fois, elle choisit de donner la parole à Hadrien en personne.
Depuis sa ville à Tibur, dans la Province romaine, l’empereur romain vieillissant retrace les grandes lignes de sa vie d’homme et d’empereur. Le travail de recherches de Marguerite Yourcenar a donc été colossal – dans ses Carnets de notes de Mémoires d’Hadrien, elle nous en donne d’ailleurs un aperçu et nous offre un merveilleux témoignage des choix auxquels tout écrivain est confronté.
Roman historique, lettre testamentaire, Les Mémoires d’Hadrien laissent une large place au roman psychologique et initiatique, à l’étude des mœurs d’une époque à travers un regard à la fois lucide et poétique.