Dans une démocratie représentative, les citoyens n'exercent pas directement le pouvoir : ils élisent des représentants chargés de décider en leur nom. Les élections constituent donc le principal moyen par lequel le peuple exerce sa souveraineté. Pour être démocratiques, elles doivent être libres, régulières, pluralistes et organisées au suffrage universel. Le secret du vote garantit à chaque électeur une liberté de choix totale, à l'abri des pressions.

En France, quatre élections se déroulent au suffrage universel direct : l'élection présidentielle, les élections législatives, les élections municipales et les élections européennes. En revanche, les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par un collège de grands électeurs, composé notamment des maires et des élus locaux. Cette différence illustre que plusieurs modes d'élection peuvent coexister dans une même démocratie.

Le suffrage universel est le résultat d'une longue conquête démocratique. Le suffrage universel masculin est instauré en 1848, tandis que les femmes obtiennent le droit de vote et d'éligibilité en 1944. Depuis, chaque citoyen majeur dispose d'une voix, conformément au principe d'égalité politique.

Plusieurs penseurs ont souligné l'importance des élections. Jean‑Jacques Rousseau, dans Du contrat social (1762), affirme que « la souveraineté ne peut être représentée » et rappelle que le pouvoir appartient avant tout au peuple. Robert Dahl, dans Polyarchy (1971), explique qu'un régime n'est réellement démocratique que si les élections sont libres, concurrentielles et permettent une véritable alternance.

Quelques exemples illustrent ces principes. En 1965, le général de Gaulle est contraint pour la première fois à un second tour de l'élection présidentielle, preuve qu'aucun candidat n'est assuré de l'emporter d'avance. En 2000, aux États-Unis, quelques centaines de voix seulement en Floride séparent George W. Bush d'Al Gore ; le résultat final est tranché par la Cour suprême, montrant que chaque vote peut compter.

L'abstention constitue aujourd'hui un défi pour les démocraties. Elle peut traduire un manque d'intérêt pour la politique, une défiance envers les responsables publics ou le sentiment que le vote ne change pas suffisamment les choses. Malgré cela, les élections demeurent le moyen essentiel de choisir les gouvernants, de sanctionner leur action et d'assurer l'alternance démocratique.