Mini-coursGratuit

L’Avant-Garde au cinéma

L’avant-garde : un mouvement artistique, deux périodes

Au tournant du XXe siècle, de jeunes artistes veulent s’affranchir des règles classiques au cinéma comme dans les autres formes d’art.

Première avant-garde

Jusqu’à la fin des années 1920, les échanges artistiques croisés entre la France et la Russie portent l’avant-garde et révolutionnent la façon de concevoir la modernité.

La première avant-garde brise l'académisme dans le domaine artistique, qui devient un espace d'expérimentation. Elle légitime le cinéma en tant que 7ème Art, art total et autonome qui fait la synthèse de tous les autres.

Dans le cinéma muet des années 1920, l'avant-garde utilise le rythme et le montage comme une véritable musique pour privilégier l’émotion sur la narration rigide.

La Première Guerre mondiale et la Révolution russe compliquent la production cinématographique indépendante, brisent les échanges et mettent progressivement fin aux premières avant-gardes.

Seconde avant-garde

La Seconde avant-garde mise sur le mécénat pour une liberté totale, ce qui inspirera plus tard les coopératives et le cinéma indépendant américain. Il faut cependant faire face aux modèles dominants dans l'industrie : l'école organique américaine (D.W. Griffith) et l'école dialectique soviétique (Sergueï Eisenstein).

La crise de 1929, l'arrivée du cinéma parlant et la montée des totalitarismes entraînent à terme le déclin de cette Seconde avant-garde.

Après le mouvement Dada, d’autres avant-gardes vont ensuite se succéder – où coexister, dès la Première Guerre mondiale et après.

Héritier de Dada, le surréalisme explore l'inconscient par des chocs visuels, des techniques inédites et un montage libéré du récit linéaire.

Le « cinéma pur » rejette la narration au profit d'une abstraction visuelle et rythmique, utilisant par exemple l'eau comme un flux en mouvement.

L’héritage du cinéma d’avant-garde

Face à des difficultés économiques et politiques croissantes, des actions sont tentées pour sauver l’avant-garde – et même si hélas elles échouent, l’esprit novateur qui portait ces artistes va perdurer jusqu’à nous.

Sauver l’avant-garde

En 1929, le Congrès de La Sarraz réunit l'avant-garde du cinéma indépendant pour trouver des solutions alternatives face à l'industrie : leurs idées sont bonnes mais ne seront reprises qu’après-guerre.

Jusqu’au krach boursier de 1929, le mécénat privé est le principal soutient de l'avant-garde, avant que celle-ci ne soit récupérée bien des années plus tard par les institutions, comme des musées.

Pour survivre, l'avant-garde adopte progressivement l'art du compromis, glissant des innovations visuelles dans un cinéma de masse grand public.

Sous les régimes totalitaires de l’époque, le cinéma devient un outil d'État et de propagande, étouffant l'avant-garde et le rêve d'un art autonome dans ces pays. De nombreux artistes sont contraints à l’exil, notamment aux USA, ce qui a permis de diffuser leurs idées novatrices à l'international.

L’après avant-garde : le cinéma expérimental et underground

L’avant-garde historique disparue, d’autres mouvements prennent la relève. Apparu dans les années 1930, le cinéma expérimental se diversifie en plusieurs courants (abstrait, lyrique, structurel, underground) qui explorent les limites du 7ème art.

Il gagne son autonomie grâce à des réseaux de cinéclubs et de coopératives de distribution autogérées.

Son entrée dans les musées, les universités et les dictionnaires marque sa reconnaissance comme art à part entière.

De nos jours, les festivals spécialisés, les plateformes numériques et des institutions comme le Centre Pompidou assurent la diffusion et la sauvegarde du cinéma expérimental.

Les frontières entre « indépendant » et « mainstream » deviennent poreuses : Greta Gerwig illustre la transition réussie du cinéma d’auteur aux blockbusters hollywoodiens avec Barbie, alliant liberté et succès public.

QuizGratuit
Nomad +
FlashcardsPremium
Paires ParfaitesPremium
v 3.1.24