Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), plusieurs dirigeants souhaitent éviter un nouveau conflit en Europe. Le 9 mai 1950, Robert Schuman propose de mettre en commun la production de charbon et d'acier entre la France et l'Allemagne. Dans sa Déclaration (1950), il affirme : « L'Europe ne se fera pas d'un coup », mais par des réalisations concrètes. Cette initiative marque le point de départ de la construction européenne avec la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier).
En 1957, le traité de Rome crée la Communauté économique européenne (CEE). Jean Monnet, l'un des principaux artisans de cette coopération, rappelle dans ses Mémoires (1976) : « Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes ». L'objectif est de développer progressivement un marché commun et de renforcer les liens entre les États européens.
Au fil des décennies, de nouvelles institutions se consolident. Le Parlement européen, élu au suffrage universel direct depuis 1979, vote les lois européennes avec le Conseil de l'Union européenne, tandis que la Commission européenne propose les textes et veille à leur application.
En 1992, le traité de Maastricht fonde officiellement l'Union européenne et crée la citoyenneté européenne. Les citoyens peuvent désormais voter aux élections européennes dans leur pays de résidence, circuler librement et s'installer dans un autre État membre. Le philosophe Jürgen Habermas, dans La Constitution de l'Europe (2011), souligne que la légitimité de l'Union dépend d'une participation active des citoyens.
L'intégration européenne se traduit aussi par des réalisations concrètes : l'espace Schengen facilite la libre circulation, tandis que l'euro devient progressivement la monnaie commune de nombreux États members par la construction d’une zone Euro.
Plusieurs événements illustrent cette évolution. Depuis 1987, le programme Erasmus a permis à des millions d'étudiants d'étudier à l'étranger. En 2012, l'Union européenne reçoit le prix Nobel de la paix pour son rôle dans la réconciliation du continent. À l'inverse, le référendum sur le Brexit (Britain/Exit) en 2016, suivi de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne en 2020, montre que la construction européenne reste un projet débattu et parfois fragile.
Aujourd'hui, certains évoquent un « déficit démocratique européen », estimant les institutions trop éloignées des citoyens. L'Union européenne cherche donc à renforcer la transparence et la participation démocratique tout en poursuivant la coopération entre ses États membres.