La loi est une règle juridique adoptée selon une procédure précise. Son initiative appartient au gouvernement (projet de loi) ou aux parlementaires (proposition de loi). Après des élections au suffrage universel direct (les Législatives), les députés de l'Assemblée nationale participent avec les sénateurs du Sénat à son élaboration.

Le texte est alors examiné par l'Assemblée nationale et le Sénat. Les parlementaires proposent des amendements (modifications) et le texte effectue un va-et-vient entre les deux chambres, nommé navette parlementaire, jusqu'à l'adoption d'une version commune ou, en dernier ressort, à la décision de l'Assemblée nationale. Dans De l'esprit des lois (1748), Montesquieu rappelle que « pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir ».

Jean‑Jacques Rousseau affirme dans Du contrat social (1762) que la loi doit exprimer la « volonté générale ». Plus récemment, Hans Kelsen souligne dans Théorie pure du droit (1934) que la légitimité d'une loi repose aussi sur le respect de la Constitution et de la hiérarchie des normes.

Une fois votée, la loi peut être soumise au contrôle du Conseil constitutionnel créé en 1958, constituée de 9 Sages, qui vérifie sa conformité à la Constitution et protège les droits et libertés fondamentaux. Si certaines dispositions sont jugées inconstitutionnelles, elles sont supprimées avant la promulgation de la loi par le président de la République et sa publication au Journal officiel.

Plusieurs épisodes illustrent ce long processus parlementaire de l’adoption d’une loi. En 1981, les débats sur l'abolition de la peine de mort, défendue par Robert Badinter, ont profondément marqué l'histoire parlementaire. En 2013, les débats sur le mariage pour tous ont donné lieu à de très nombreux amendements et à d'importantes mobilisations, témoignant des fortes divisions de la société sur cette réforme. Enfin, en 2023, la réforme des retraites a suscité de vifs débats parlementaires et un recours à l'article 49.3, procédure exceptionnelle qui permet au gouvernement de faire adopter un projet de loi sans vote, relançant la réflexion sur l'équilibre entre efficacité gouvernementale et débat démocratique.