Les débats éthiques (du latin ethos, « manière de vivre ») portent sur les choix moraux de société liés à la vie humaine, aux progrès scientifiques et aux nouvelles technologies. Ils cherchent à concilier libertés individuelles, intérêt collectif et responsabilité envers les générations futures.

La bioéthique occupe une place centrale avec des questions comme la fin de vie, la procréation médicalement assistée, la génétique ou le don d’organes. Dans Le Principe responsabilité (1979), Hans Jonas affirme: « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre », invitant à mesurer les conséquences des innovations technologiques.

Le respect de la dignité humaine et le principe de précaution guident ces réflexions. Le philosophe Paul Ricœur, dans Soi-même comme un autre (1990), rappelle l'importance du respect de la personne et d'une éthique fondée sur le dialogue: « Viser la vie bonne, avec et pour autrui. »

L'actualité nourrit constamment les débats éthiques. En 1996, des chercheurs du Roslin Institute annoncent la naissance de la brebis Dolly, premier mammifère cloné à partir d'une cellule adulte. Cette prouesse scientifique suscite un débat mondial sur les limites du clonage et fait craindre, à terme, la possibilité d'un clonage humain. De nombreux États renforcent alors leur législation pour interdire cette pratique chez l'être humain.

En novembre 2018, le chercheur chinois He Jiankui révèle avoir modifié le génome de deux embryons grâce à la technique CRISPR-Cas9, conduisant à la naissance de jumelles génétiquement modifiées. Il affirme vouloir les protéger contre le VIH, mais son expérience, réalisée sans véritable protocole scientifique et éthique, provoque une protestation internationale. Il est ensuite condamné par la justice chinoise, illustrant la nécessité d'encadrer les progrès de la génétique.

Plus récemment, le développement rapide de l'intelligence artificielle générative et des voitures autonomes relance les débats éthiques. Les IA sont désormais capables de produire des textes, des images ou d'aider au diagnostic médical, mais elles soulèvent des questions sur la protection des données personnelles, les biais algorithmiques, le respect du droit d'auteur et la destruction massive d’emplois. Les voitures autonomes posent également la question de la responsabilité en cas d'accident : faut-il tenir pour responsable le conducteur, le constructeur ou le concepteur du logiciel ? Ces enjeux montrent que les progrès technologiques nécessitent un encadrement juridique et éthique permanent, rejouant le va-et-vient permanent entre loi (lex) et morale (ethos).