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Mini-cours - L'humanité comme objet de sciences (2)

La seconde difficulté dans l’idée d’une science de l’homme est celle de la possibilité que l’humanité se prenne elle-même pour objet, dans une identité problématique entre le connaissant et le connu (puisqu’elle semble contredire l’impartialité et la distance impliquée par l’idée de science).

On peut penser à deux manières de développer ce problème 

  1. On peut essayer de le résoudre en soulignant que cette identité du connaissant et du connu fait qu’il existe une meilleure homogénéité, et donc une meilleure compréhension entre celui qui connaît et ce qui connaît. Ainsi, Giambattista Vico, dans sa Science nouvelle, défend l’idée que l’on peut connaître le monde civil, celui des nations, car il a été fait par les hommes et qu’on ne comprend vraiment que ce qu’on pourrait faire. Alors que les sciences de la nature expliquent quelque chose, la nature, dont Dieu a fixé seul les lois, n’importe quel homme peut se recréer en la refaisant par l’esprit, une histoire qui a été faite par les hommes. Cette thèse implique l’idée d’une uniformité de l’esprit humain, aussi bien géographiquement qu’historiquement ; c’est ce que Vico nomme le « sens commun » des nations.
  2. À l’inverse, on peut partir de la grande diversité des formes historiques et culturelles que prend l’humanité pour dissoudre l’unité de l’humanité.
    • Cette dissolution peut se faire à partir d’une forme de relativisme culturel et historique, qui insiste sur la singularité irréductible des situations à décrire et à expliquer. Michel Foucault souligne par exemple, contre la perspective phénoménologique qui tend à fonder les sciences de l’homme sur un sol commun, qu’il existe une structure historique et contingente qui guide l’attention et la perception des sujets.
    • Ou bien elle peut se faire à partir de la pluralité irréductible des sciences humaines : celles-ci étudient l’homme, mais selon des perspectives assez différentes, et pas nécessairement reliées : l’homme en tant qu’être social, en tant qu’être parlant, que possédant un inconscient, etc. Cela signifie ainsi que l’homme n’est plus un être figurable : les sciences humaines délaissent la question de l’essence ou de la nature de l’homme pour en étudier les comportements extérieurs manifestes et observables (Francis Wolff, Notre humanité).

EN RÉSUMÉ

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v 3.1.25