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Mini-cours - Animalité

L’animalité ne désigne pas seulement le règne animal : il désigne une caractéristique, propre et spécifique à l’être animal, qui peut se trouver en droit dans tout être vivant, y compris donc dans l’être humain.

Cette notion est souvent mobilisée dans l’analyse de l’humanité, car elle permet, négativement, de mieux la définir comme un être pourvu des qualités qui font défaut aux animaux. Le problème est celui du cercle vicieux : si l’on définit l’humanité par négation de l’animalité, est-il véritablement possible de définir l’animalité en soi, sans projeter des traits humains sur les animaux ou sans nier dans l’animal tout ce qui serait humain ?

On peut identifier les deux risques suivants :

  • L’anthropocentrisme consiste à considérer que l’homme est un être exceptionnel, rigoureusement distinct de tout animal, ce qui aboutit à considérer l’animal comme le simple négatif de l’homme.
  • L’anthropomorphisme consiste à projeter sur l’animal des caractéristiques humaines (interactions sociales, langages), qui nous empêchent de saisir ce qu’ont de propre les différents animaux : le problème est celui de pouvoir connaître les animaux, à la place desquels on ne peut se mettre.

À ces deux risques correspondent deux tendances :

  • Celle de l’éthologie animale, qui a, notamment au XXe siècle, nié qu’un certain nombre de caractères (rire, langage, socialisation, etc.) étaient propres à l’homme. Par exemple, l’éthologiste Van Lawick Goodal (L’Ombre de l’homme, 1971) a contesté que la prohibition de l’inceste soit propre à l’humanité : dans un groupe de singes, la femelle s’accouple avec tous les mâles, sauf son fils. Mais Lévi-Strauss souligne en revanche que le propre de l’homme n’est pas tant qu’il ne commet pas l’inceste : c’est surtout qu’il le considère comme interdit, qu’il sent le poids de la norme et de sa prohibition (Le Regard éloigné).
  • Celle d’une philosophie rationaliste, qui considère non seulement que l’homme est distinct de l’animal, mais qu’il n’y a rien d’animal en l’homme : Descartes soutient ainsi la thèse de l’animal-machine, fondée sur une distinction entre l’âme et le corps (lequel ne s’explique que mécaniquement), sur une réfutation de la théorie d’Aristote, selon laquelle c’est la présence d’une âme qui explique les mouvements du corps, et sur l’impossibilité de prouver l’existence d’une âme chez les animaux.

Mais il est difficile de spéculer sur la nature, notamment intérieure, des animaux, comme le souligne Condillac dans son Traité des animaux (1755). Tout au plus peut-on souligner que les habitudes des animaux montrent qu’ils ont certaines « connaissances », mais ils semblent dépourvus d’un langage complexe et des idées morales et religieuses.

Enfin, reconnaître le partage de certaines caractéristiques entre les hommes et les animaux (sensation, désir, capacité à souffrir) permet aussi de réfléchir aux droits des animaux et aux devoirs de l’homme envers eux.

EN RÉSUMÉ

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