Quel portrait Rousseau fait-il de lui-même dans Les Rêveries du promeneur solitaire ?
Les Rêveries, publiées dans les dernières années de la vie de Rousseau auraient pu tenir lieu de bilan autobiographique. Il n’en est rien, elles constituent un simple complément aux textes sur soi déjà élaborés, Les Confessions, Rousseau juge de Jean-jacques, ainsi qu’aux méditations philosophiques énoncées dans La profession de foi du vicaire savoyard. Ecrites au moment où l’écrivain s’est senti pourchassé et contesté de toutes parts par ses détracteurs, les Rêveries sont une quête de sérénité, un dialogue avec soi-même, adressées à la postérité plus qu’à des juges contemporains incapables, selon lui, de bienveillance. Le portrait qui en résulte, adressé à soi-même exclut toute posture. La quête de soi est d’abord éthique et ontologique. La réflexion aboutit à une théorie du mensonge, au postulat de la bonté divine et de l’absence de méchanceté de l’écrivain vis-à-vis d’autrui.