Les vies minuscules dans Les Onze
Le roman Les Vies minuscules est un récit publié en 1984. A travers huit vies qui se répondent sans se confondre, le narrateur (peut-être l’auteur) raconte d’où il vient et où il ne se croit pas digne d’aller. Ce sont un garçon de ferme, un ancêtre banni, ses grands-parents, deux camarades de lycée, un vieil analphabète, un curé flamboyant, une sœur aînée morte en bas âge, une conquête amoureuse, gens ordinaires qui appartiennent parfois à la mythologie familiale. Dans Les Onze, le sujet ne se prête pas aux portraits intimistes, le Comité de Salut public qui décida la Terreur en 1794 comportant des personnages publics et célèbres. Des vies ordinaires sont néanmoins promues au niveau du romanesque, ainsi les ancêtres du peintre ou les ouvriers limousins qui construisirent les canaux de la Loire, travailleurs immigrés qui connaissaient « dix mois de négritude sur douze ». Corentin, le père du peintre est l’un d’entre eux, resté en pays de Loire. La contingence de l’origine— ici narrée sous la forme du hasard de la séduction de la mère du peintre par son père— coïncide avec la contingence des événements historiques et de leur représentation artistique.