L'imaginaire de Michaux
Aventure spirituelle, expérience mystique, la poésie de Michaux explore l’univers intérieur du poète ainsi que sa confrontation avec le monde. L’unité de chaque poème est celle d’un instantané où s’expriment une hantise, une obsession, une angoisse spécifique ; par exemple dans « La Nuit remue », la peur d’être agressé par des êtres effrayants, animaux, objets ou monstres femelles.
La condition humaine est métaphorisée par des images cruelles, ainsi celle des galériens manquant de vivres et exposés à des assassins. La lutte pour la survie impose le combat frontal, comme dans « L’Âge héroïque » ou le recours à la ruse comme à la fin de « L’Éther » : « Je vais t’écarteler ! ».
Le moi, en butte à l’hostilité des autres perçus comme des parasites (dans « La Vie de l’araignée » par exemple) ne peut qu’explorer toutes les possibilités de résistance, faute de pouvoir y échapper. Devenir aussi flasque et passif qu’un chiffon, réduire l’autre à néant, se recroqueviller dans l’onirisme sont autant de recours à l’évitement.
L’idéal baudelairien de Michaux est donc celui du froid, des lointains septentrionaux et insulaires, symbolisés par les icebergs.