« Diversité, c’est ma devise »
Dans ses nouveaux contes galants publiés en 1674, La Fontaine évoque la loi de l’inconstance amoureuse comme un fait de nature. Le leitmotiv du conte « Pâté d’anguilles » : « Diversité, c’est ma devise » exprime un érotisme sans foi ni loi.
Ce sens galant s’applique aussi à la poétique des Fables dont les sources d’inspiration sont multiples d’Ésope à Pilpay. La virtuosité métrique adopte tous les vers, pairs ou impairs, longs ou courts, au point de faire du fabuliste un précurseur du vers libre, ainsi que tous les types de tours, de voix, de tonalités, de formes strophiques.
L’âme de la fable, son sens philosophique, dont le corps a la gaîté pour principe, est aussi diverse sur le plan politique : la morale oscille entre conservatisme et satire.
En revanche, l’optimisme épicurien, qui exalte aussi une métaphysique cruelle, masque mal un profond pessimisme sur l’état des choses. Telle est la lucidité du moraliste classique.