La monarchie absolue
Dans une période s’étalant du XVIe au XVIIIe siècle, le roi jouit des pleins pouvoirs, il s’agit de la période de la monarchie absolue. Le roi a retrouvé son autorité, ce qui se traduit sur le plan législatif par l’apparition du droit français. Les sources du droit sont encore diverses : coutumes, droits savants, législation royale, jurisprudence. Il élabore directement la législation royale par le biais d’ordonnances, édits, lettres patente et arrêt. Toutefois le roi, même s’il n’élabore pas toutes les sources cherche à se les approprier et à en contrôler leur diffusion. Par exemple le droit canonique n’est pas d’application directe en France, le roi prend un texte pour appliquer les dispositions canoniques. Pour les coutumes, le roi impose leur rédaction, ce qui fixe définitivement leur influence puisqu’elles ne peuvent plus survenir. Le roi contrôle également l’enseignement du droit français en imposant l’étude des coutumes et de la législation royale aux côtés des droits savants déjà enseignés. Le roi garde la mainmise sur cet enseignement en nommant les professeurs de droit. Ainsi le monarque s’approprie toutes les sources du droit et les réunis sous le vocable du droit français.
Toutefois le roi est confronté à un ennemi de taille : les parlementaires. Le Parlement est une institution judicaire instaurée au XIIIe siècle, qui a la charge de rendre la justice au nom du roi. Il sert principalement d’appel envers les jugements rendus par les justices seigneuriales. Il rend ainsi une justice dite déléguée du roi. Elle se distingue de la justice retenue du roi statuant en cassation ou par évocation, lui permettant de juger n’importe quelle affaire. Par ailleurs, le Parlement a également une fonction politique, il enregistre les ordonnances royales et leur donne force de loi. Ce pouvoir résulte d’une longue tradition de gouvernement par conseil. Le Parlement dispose d’un droit de remontrance lui permettant de faire des remarques au roi sur le texte de loi. Le roi peut modifier le texte ou passer outre les remontrances. Néanmoins, à partir du XVIIe siècle, le Parlement prend plus de pouvoir et use de son pouvoir de remontrance jusqu’à venir concurrencer le roi dans l’exercice du pouvoir législatif. Le roi force l’enregistrement par la technique des lettres de jussion. Face aux nombreuses résistances, le 3 mars 1766, Louis XV se déplace au Parlement de Paris, épisode connu comme étant la « séance de la flagellation » pour rappeler aux parlementaires qu’ils ne détiennent leur pouvoir que par délégation royale, le roi a toujours le dernier mot puisqu’il est leur supérieur.
La monarchie absolue a trouvé ses limites avec la crise parlementaire, en soutenant les privilèges de la noblesse et en tardant à mettre en œuvre des réformes indispensables à la survie du régime.