Du lendemain de la Seconde Guerre mondiale à 1973, l'économie mondiale connaît une telle embellie que l'économiste Jean Fourastié forge le terme de « Trente Glorieuses » pour qualifier ces années. Il fait allusion aux « Trois Glorieuses », journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 qui abattirent la monarchie restaurée. Il souligne ainsi la dimension révolutionnaire de ces trente années. Une révolution qui concerne plusieurs aspects :
- Une croissance économique sans précédent marque le monde occidental, portée par le plein emploi et un « baby-boom » assurant une croissance démographique soutenue ;
- La mise en place d'une consommation de masse, associée à une standardisation des modes de production ;
- La société de consommation qui correspond à ce mode de production voit une révolution des modes de consommation, avec l'accession au confort et aux loisirs pour les classes moyennes représentant désormais plus de 50 % des familles ;
- Une révolution des mœurs, avec une déprise du fait religieux en Europe, une valorisation des libertés individuelles, notamment pour les jeunes. Les événements de Mai 1968 en Europe et aux États-Unis montrent cette volonté de bousculer les cadres traditionnels ;
- Les femmes accèdent massivement aux emplois salariés, et s'émancipent : la contraception est légalisée dans les années 1960 et la liberté de disposer de son salaire s'impose dans la plupart des pays. Des mouvements féministes comme le MLF en France militent pour davantage de droits ;
- À la fin des années 1960, les critiques s'élèvent contre le productivisme et le risque de surchauffe économique. Les premiers écologistes invitent à réfléchir sur les risques environnementaux.