Pose des supports (liteaux, voliges, lattes)

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Pose des supports (liteaux, voliges, lattes)

Maîtriser la préparation du support pour garantir la stabilité du matériau et la pérennité de l'ouvrage. La mise en œuvre des supports de couverture est cruciale  : un support mal posé compromet l'esthétique et l'étanchéité de l'ensemble de la toiture.

Terminologie et matériaux

Le support de couverture assure la liaison entre la charpente (les chevrons) et le matériau d'étanchéité (tuiles, ardoises, zinc).

Le liteau (ou latte)

Pièce de bois de section carrée ou rectangulaire (ex  : $27 \times 27 \: \rm{mm}$, $38 \times 40 \: \rm{mm}$) posée horizontalement.

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La volige

Planche de bois mince (ép. $12$ à $18 \: \rm{mm}$) posée de manière jointive ou espacée pour former un plancher.

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La contre-latte

Liteau posé dans le sens de la pente (sur le chevron) pour ménager une lame d'air.

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Essences utilisées

Principalement des résineux (sapin, épicéa, pin sylvestre) traités Classe 2 (insecticide et fongicide).

La ventilation de la toiture

La durabilité d'une couverture dépend de sa capacité à « respirer ».

La lame d'air

Un espace vide doit toujours exister entre l'isolant (ou l'écran de sous-toiture) et le support de couverture.

Cet espace est créé par la pose de contre-lattes. Il permet d'évacuer la condensation et de limiter l'échauffement des matériaux en été.

Le traçage et le calcul du pureau

Le pureau est la distance entre les faces supérieures de deux liteaux successifs. Il correspond à la partie découverte de la tuile.

Introduction et enjeux

L'implantation est l'étape de transition entre le plan (théorie) et la charpente (réalité). Un traçage rigoureux garantit  :

  • L'étanchéité  : Respect des recouvrements selon la pente.
  • L'esthétique  : Alignement parfait des rangs et des colonnes.
  • La durabilité  : Éviter les remontées d'eau par capillarité ou vent.

L'analyse du support (la charpente)

Avant tout traçage, le couvreur doit vérifier l'état du support  :

  • La planéité  : On utilise une règle de $2 \: \rm{m}$ ou un cordeau. Les flèches ne doivent pas excéder les tolérances du $\rm{DTU}$.
  • L'équerrage  :
    • Utilisation de la méthode du « 3-4-5 » (Théorème de Pythagore).
    • Méthode  : On mesure $3 \: \rm{m}$ sur l'égout, $4 \: \rm{m}$ sur la rive, la diagonale doit impérativement faire $5 \: \rm{m}$ pour garantir un angle droit.

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Le calcul du pureau

Le pureau est la distance entre les liteaux. Il correspond à la partie de la tuile ou de l'ardoise qui reçoit la pluie.

Les types de pureau

  • Pureau fixe  : Imposé par le modèle de tuile ou le format d'ardoise.
  • Pureau variable  : Possible sur certaines tuiles à emboîtement permettant un ajustement (jeu longitudinal).

Pour une toiture en tuile mécanique

Pour répartir les rangs de manière égale sur le versant  :

  • Positionner le premier liteau et le dernier liteau.

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  • Mesurer la distance entre le premier liteau (égout) et le dernier (faîtage).

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  • Diviser cette distance par le pureau moyen de la tuile.

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  • Arrondir le résultat pour obtenir un nombre entier de rangs.

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  • Ajuster l'écartement pour tomber juste au faîtage sans recoupe.

Pour une toiture en tuile ardoise ou tuile plate

  • Calculer le pureau en fonction de la situation géographique du chantier, de longueur du rampant et de la pente de la toiture.
  • Positionner la première ardoise en partie basse
    • elle doit dépasser de l'égout de $5 \: \rm{cm}$

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    • Ajouter un pureau supplémentaire en partie basse pour réaliser le doublis
  • Positionner le dernier liteau (attention il doit rester une distance inférieure à la valeur de $1$ pureau + $1$ recouvrement)

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Les techniques de marquage

Une fois les calculs effectués, le report sur le toit se fait par  :

  • Le lattage (ou pigeage)  : Utilisation d'une « pige » (gabarit en bois) coupée à la dimension du pureau pour fixer les liteaux rapidement et sans erreur de cumul.
  • Le battage au cordeau  : On utilise un cordeau imprégné de poudre (bleu de traçage). On tire le fil entre deux points et on le relâche pour marquer une ligne parfaitement droite.
  • Le trait carré  : Ligne verticale de référence battue perpendiculairement à l'égout pour aligner les « colonnes » d'éléments de couverture.

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Points singuliers et terminologie

  • Chanlatte  : Pièce de bois biseautée posée à l'égout pour compenser l'épaisseur de la tuile manquante au premier rang.
  • Recouvrement  : Partie de l'élément qui se superpose à celui du dessous (crucial pour l'ardoise).
  • Rive  : Bordure latérale du versant, doit être tracée avec un soin particulier pour l'étanchéité contre les murs ou le vide.

Synthèse méthodologique

  • Contrôler la charpente (niveaux et équerrage).
  • Poser le liteau d'égout et le liteau de faîtage.
  • Mesurer le rampant et calculer le nombre de rangs.
  • Tracer les repères sur les chevrons de rive.
  • Battre les traits au cordeau sur toute la largeur.
  • Fixer les liteaux intermédiaires.

Ne jamais négliger le trait carré.

Une toiture dont les tuiles « serpentent » verticalement est le signe d'un manque de rigueur lors de l'implantation.

La maîtrise du calcul de pureau et de la règle du 3-4-5 constitue le socle technique indispensable pour tout futur couvreur souhaitant garantir un ouvrage durable et conforme aux $\rm{DTU}$ (documents techniques unifiés).

Méthode de calcul

  • Pureau théorique  : Donné par le fabricant du matériau ou calculé selon la pente et la zone géographique.
  • Répartition  : On mesure la distance entre le liteau d'égout et le liteau de faîtage.
  • Ajustement  : On divise cette distance par le nombre de rangs pour obtenir un pureau constant sur tout le versant.

Les règles de mise en œuvre

Le litonnage (pour tuiles et ardoises sur crochets)

Pose à la pige

Utilisation d'un gabarit de bois pour reporter l'espacement avec précision.

Aboutage

Les raccords entre deux liteaux se font obligatoirement sur un chevron. Les coupes doivent être alternées pour ne pas fragiliser la structure.

Fixation

Clouage avec des pointes de longueur égale à $2,5$ fois l'épaisseur du liteau.

Le voligeage (pour zinc ou ardoises clouées)

Pose jointive

Les voliges sont posées perpendiculairement aux chevrons.

Jeu de dilatation

On laisse un espace de $3$ à $5 \: \rm{mm}$ entre les planches pour permettre au bois de travailler selon l'hygrométrie.

Fixation

Deux pointes par point d'appui (sur chaque chevron).

Points Singuliers et Sécurité

Le bas de pente (égout)

Le premier liteau (chanlatte) est souvent plus épais pour compenser l'absence de recouvrement et maintenir l'inclinaison de la première rangée.

Le sommet (faîtage)

Le dernier liteau doit être positionné pour permettre l'emboîtement des tuiles de faîtage et assurer l'étanchéité.

Sécurité

Lors de la pose, le couvreur doit veiller à sa stabilité. Il est impératif de marcher au droit des chevrons (points d'appui solides) pour éviter la rupture des supports entre deux chevrons.

À retenir

Pureau

Partie visible = Entraxe des liteaux.

Ventilation

Primordiale via la contre-latte.

Traitement

Bois de Classe 2 minimum.

EN RÉSUMÉ

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