Couverture en métaux façonnés (tasseaux et joint debout)
Les métaux de couverture : propriétés et usage
La couverture métallique repose sur l'utilisation de métaux laminés malléables. Le zinc est le plus courant en France, mais le plomb (pour les finitions complexes) et l'aluminium (pour la légèreté et la couleur) sont également utilisés.
La dilatation : la règle d'or
Le métal « vit ». Sous l'effet des variations de température, une feuille de zinc de $2$ $\rm{mètres}$ peut s'allonger de plusieurs $\rm{millimètres}$.
- Impératif : Ne jamais bloquer une feuille. On utilise des points fixes (pattes fixes) et des points mobiles (pattes coulissantes).
- Risque : Si la dilatation est entravée, le métal gondole, se déchire ou arrache ses fixations.
Le support (le voligeage)
Le métal ne se pose pas sur n'importe quoi :
- Essences compatibles : Sapin, épicéa, peuplier.
- Essences interdites : Chêne et châtaignier (acidité corrosive).
- Ventilation : Une lame d'air de $20$ $\rm{mm}$ minimum doit circuler sous le voligeage pour éviter la « corrosion blanche » (oxydation par condensation).
La technique à tasseaux
C'est la méthode traditionnelle, robuste et esthétique, particulièrement adaptée aux toitures à forte pente et aux monuments.
- Structure : On fixe des tasseaux (pièces de bois trapézoïdales) parallèlement à la ligne de plus grande pente.
- Pose : Les feuilles de métal sont relevées contre le tasseau.
- Étanchéité : Un couvre-joint (pièce métallique en forme de U) vient coiffer le tasseau et les relevés, empêchant l'eau de pénétrer.
- Avantages : Grande résistance mécanique, aspect visuel marqué par les lignes de relief.
La technique à joint debout
Plus moderne et rapide, elle est privilégiée pour les architectures contemporaines et les faibles pentes (jusqu'à $5 \, \rm{\%}$ ou $3^{\circ}$).
- Principe : Les feuilles sont assemblées entre elles par un double pliage latéral appelé sertissage.
- Hauteur des plis : Généralement $25$ $\rm{mm}$ après sertissage.
- Fixation : Discrète, elle se fait par des pattes (fixes et coulissantes) insérées directement dans le pli avant le sertissage.
- Avantages : Étanchéité maximale, légèreté, esthétique épurée, idéal pour les grandes longueurs de feuilles.
La soudure et les assemblages
Le façonnage du zinc nécessite une maîtrise parfaite de la soudure à l'étain.
- Décapage : Utilisation d'un flux décapant (acide) pour retirer la patine et mettre le métal à nu.
- Soudure : Réalisée avec un fer à souder et un alliage étain-plomb (généralement $40 \, \rm{\%}$ d'étain).
- Recouvrement : Les feuilles se chevauchent dans le sens de la pente (le haut recouvre le bas).
Note sur l'électrolyse : Attention au couple électrochimique ! L'eau ne doit jamais couler du cuivre vers le zinc ou l'aluminium. Les ions cuivre « mangent » les autres métaux, provoquant des percements rapides.
Points de Vigilance
- Pente minimale : $5 \, \rm{\%}$ pour le joint debout / $7 \, \rm{\%}$ pour les tasseaux.
- Entraxe : Généralement $500$ ou $650$ $\rm{mm}$ (selon la largeur des bobines).
- Fixation : Environ $3$ pattes au $\rm{mètre}$ linéaire.
- Sécurité : Port des gants obligatoire (bords tranchants) et harnais pour le travail en hauteur.

