Couverture en ardoises au crochet (règles de recouvrement) ou au clou (méthodes traditionnelles)
Terminologie et fondamentaux
La couverture en ardoise repose sur le principe de la superposition. Trois zones sont à distinguer sur une ardoise une fois posée :
- La partie qui assure l'étanchéité : le recouvrement (zone d'étanchéité).
- La partie visible : le pureau (zone qui reçoit l'eau).
- Le faux-pureau : la zone intermédiaire.
Le recouvrement : la règle d'or
Le recouvrement est la hauteur de la partie de l'ardoise recouverte par deux autres épaisseurs. Sa valeur n'est jamais choisie au hasard ; elle est déterminée par le DTU 40.11 en fonction de :
- La zone géographique (climat protégé, normal ou exposé).
- La pente du toit (plus la pente est faible, plus le recouvrement doit être important).
- La projection horizontale du rampant.
Techniques de fixation
La pose au crochet (la plus courante)
L'ardoise est maintenue par un crochet métallique (inox, cuivre ou acier galvanisé) préalablement fixé sur un liteau.
- Avantages : Rapidité d'exécution, ventilation optimale du support, remplacement aisé d'une ardoise cassée.
- Calcul du crochet : Longueur du crochet = Recouvrement + $1 \rm{cm}$.
La pose au clou (traditionnelle)
L'ardoise est percée de deux trous en tête et fixée à l'aide de clous (cuivre ou inox) directement sur un voligeage (support plein en bois).
- Avantages : Esthétique épurée (fixations invisibles), meilleure résistance au vent dans certaines régions, obligatoire sur de nombreux monuments historiques.
- Contrainte : Nécessite un traçage très précis au cordeau sur la volige.
Les points singuliers
Une couverture ne s'arrête pas à la partie courante. Le couvreur doit maîtriser :
- Le doublis : Le premier rang en bas de pente, posé sur une chanlatte pour compenser l'épaisseur.
- Les rives : Bordures latérales nécessitant souvent des ardoises plus larges (ardoises et demie).

- Le faîtage : Le sommet du toit, réalisé en terre cuite, en zinc ou en ardoises lignolet.
- La noue : La rencontre entre deux versant de toiture rentrante.

- L'arêtier : Une arête entre deux versant de toiture.
- Le remplissage : Pour terminer une toiture, on effectue un remplissage. Les ardoises sont taillées sur la largeur pour fermer la couverture. La dimension minimum est d'une demi largeur et un espace minimum de $3 \rm{cm}$ de chaque coté de la liaison pour éviter les « sautons » entre les rangs.
Pathologies et qualité
Un bon professionnel doit savoir identifier les défauts du matériau avant la pose :
- Le test du son : On frappe l'ardoise ; elle doit « sonner clair ». Un son mat indique une fêlure (le « félon »).
- La pyrite : Présence de cristaux de fer qui, s'ils sont traversants, rouilleront et perceront l'ardoise à terme.

