Jouir de la vitesse
La vitesse est jubilatoire. Peut-être parce qu’elle nous semble une émancipation à l’égard de notre condition native, elle nous attire, nous fait sourire ou nous fait rêver. Dans le cinéma d’animation, combien de héros se caractérisent d’abord par leur vitesse ? Qui ne connaît Speedy Gonzales, la souris la plus rapide du Mexique, ennemi de Sylvestre Grosminet, mise en scène par la Warner Bros dans la série Looney Tunes depuis les années 1950, sans discontinuer ? Qui ne se remémore Bip Bip et Coyote, créés à l’écran dès 1949 et dont le succès ne s’est jamais démenti ? Traduite en français, la série est régulièrement diffusée et reprise sur les ondes francophones et les chaînes enfantines depuis… 1972 ! Il y a, dans la fiction, l’expression d’un désir de vitesse qui dément notre condition et, fût-ce pendant quelques minutes, nous fait oublier notre pesanteur naturelle.




